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La blogliothèque du Coq à l'âne

Littératures en ligne

23 avril 2007

"Larbaud à la télé !"

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Charles Dantzig n’en croit pas ses oreilles… Alors qu’il se divertit assis devant son petit écran, entre deux notices de son « dictionnaire égoïste », une petite phrase le sort de sa léthargie : « T.F.1, 27 avril 1999, 23H52, émission Célébrités. La présentatrice, qui je vous le jure n’avait pas l’air d’avoir écrit un livre sur les enjambements dans Les Fleurs du mal, introduit un sujet sur l’Orient-Express : " De lui, Valery Larbaud disait… " Et suit une citation des Poésies de A .O Barnabooth. Larbaud à la télé ! Dans une émission de show-biz ! Même en deuxième partie de soirée ! Valery, c’est gagné ! Your boat is coming in ! »

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22 avril 2007

Elfriede Jelinek pixélisée

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Dans son sillage, un parfum de scandale. Jörg Haider, le leader de l'extrême droite autrichienne, a ouvertement reconnu son oeuvre comme "vile" et "immorale". À la veille des élections législatives en Autriche, en 1995, on pouvait lire ces affiches sur les murs des quartiers ouvriers viennois, signées par les libéraux : « AIMEZ-VOUS : Scholten, Jelinek, Haupl, Peymann, Pasterk... OU : l’art et la culture ? » Les histoires que raconte Elfriede Jelinek la dissidente la rangent aux côtés d’écrivains comme Peter Handke et Thomas Bernhard. Avec des auteurs de cette trempe, la Mère Patrie en prend un coup. En 1996, Jörg Haider, qui mise sur l’anti-intellectualisme des habitants des quartiers populaires, la classe parmi les « Nestbeschmutzer », ceux qui salissent leur propre nid.


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21 avril 2007

"Cachet national"

En juin 1848,  Alexandre Dumas se présente à une élection complémentaire dans l’Yonne. Il a besoin de 10 000 voix pour être élu, mais n’en obtient que 3000. La faute à un discours sans cachet ?

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20 avril 2007

"Quand j'entends le mot "culture", je sors mon revolver"

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Paul-François Paoli, dans la dernière livraison du Figaro littéraire, est le héraut du SOS lancé par des femmes et des hommes de lettres aux candidats à la présidentielle : il faut sauver la littérature à la télévision, menacée de disparition. Le magazine des Livres, qui avait fait de cette question le sujet de l’un de ses dossiers (« La télévision fait-elle lire ? », Janvier-Février 2007), dressait le constat suivant : « Année après année, la part réservée aux livres dans la presse écrite se réduit comme une peau de chagrin ; à la télévision en revanche le livre est partout. Les émissions culturelles, les magazines d’information ou de divertissement possèdent toutes leur rubrique littéraire. Du matin au soir, en semaine comme le week-end, la télévision parle de " livres ", sans qu’elle ne traite pour autant de littérature. Le sensationnel est plébiscité aux dépens de la littérarité de son objet. » P.F Paoli, qui relaie les doléances des écrivains, au nombre desquels on compte Pierre Assouline, Edmonde Charles-Roux, Jean Malaurie, Alain Rey, Jean Rouaud ou Martin Winckler, souligne leur souhait que « soient installés " aux heures de grande écoute, des portraits d'écrivains, des entretiens, voire des émissions de plateau véritablement dédiés à la littérature " où des écrivains pourraient parler de leurs livres, sans sensationnel ni scandale. » À quand des émissions littéraires à la hauteur de ce que furent « Un siècle d'écrivains »,  « Apostrophes », « Océaniques ?

« Seront-ils écoutés » ? s’interroge Paoli… À voir !


« Le Salon du livre a eu nettement moins de succès auprès des " politiques " que celui de l’agriculture. » notait Christine Ferrand avec un brin d’ironie, au moment où la grand-messe annuelle du livre fermait ses portes. (Livres Hebdo, 30 mars 2007) Seuls  François Bayrou et José Bové avaient fait le déplacement jusqu’à la porte de Versailles. La semaine précédente déjà, l’hebdomadaire des professionnels du livre regrettait que, sur les dix demandes adressées aux candidats, afin de mieux connaître leurs positions sur la politique du livre à mener, six d’entre eux seulement aient fini par répondre, après des « demandes répétées ». Ainsi, malgré un consensus heureux autour des problèmes rencontrées par la librairie, tous sous-estimaient, d’après Christine Ferrand, le « combat à mener pour redonner au livre toute sa place dans notre société » : « Certains misent sur l’école, d’autres sur les bibliothèques. L’imagination n’est pas vraiment au pouvoir. » À cette apparente indifférence, Anne Favier trouvait une explication : « Si le livre n’apparaît jamais comme un thème de campagne, peut-être est-ce aussi parce qu’il n’est pas un sujet de débats contradictoires. » (Livres Hebdo, 23 mars 2007)


Que disent alors les professions de foi de nos douze candidats, parvenues avant-hier dans la boîte aux lettres des Français et Françaises ?


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18 avril 2007

Scènes de genres

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« Savez-vous, Monsieur, ce qui m’a poussé à vous écrire ici, où je suis pour le Jubilé du Saint-Père ? - C’est la rage et l’envie que j’ai éprouvées en revoyant un jeune homme de la plus parfaite et auguste beauté, pour lequel j’ai eu jadis la plus idéale passion et auquel je n’ai jamais parlé et ne parlerai jamais. Je l’aime tant que je le hais et voudrais le savoir mort, pour qu’il ne fût jamais à personne. Avez-vous jamais soupçonné martyr pareil ? » Quand Emile Zola reçoit la confession anonyme d’un jeune aristocrate italien, au martyr de s’éprouver femme dans un corps d’homme, il livre bataille de son côté pour défendre L’Assommoir, attaqué de toutes parts, comme le sera trois ans plus tard Nana, taxé de « roman pornographique ». C’est bien des années plus tard, en 1893, que Zola autorise le Dr Laupts à signer et à publier ce texte dans les Archives d’anthropologie criminelle, sous le titre Le Roman d’un inverti-né. Il paraît en librairie en 1896, dans le volume Perversion & perversité (collection « Tares & poisons »), pour lequel une lettre pleine d’ironie adressée par le romancier au praticien le 25 juin 1895 deviendra la préface : « J’indique seulement les raisons qui m’ont fait souhaiter la publication du Roman d’un inverti. Peut-être cela inspirera-t-il un peu de pitié et un peu d’équité pour certains misérables. Et puis, tout ce qui touche au sexe touche à la vie sociale elle-même. Un inverti est un désorganisateur de la famille, de la nation, de l’humanité. L’homme et la femme ne sont certainement ici-bas que pour faire des enfants, et ils tuent la vie, le jour où ils ne font plus ce qu’il faut pour en faire. »

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15 avril 2007

"Chacun pour soi poursuit sa nébuleuse"

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En 2005, pour sa vingtième édition, les Victoires de la musique consacraient l’album d’Alain Bashung, Fantaisie militaire, « meilleur album de ces vingt dernières années »… L’autre soir, à Pleyel, il était facile de mesurer l’engouement populaire soulevé par l’opus quand se sont fait entendre aux premières notes de « La nuit, je mens… », dans une salle refaite à neuf, les clameurs d’un public en prière. Il n’empêche que parmi les trente-quatre chansons égrenées comme sur un chapelet, Alain Bashung a chanté la presque totalité de son album Chatterton, sorti en 1994. C’est sur le magnifique poème déclamé, jazzy à la Miles d'Ascenseur pour échafaud, « J’ai longtemps contemplé », qu’il a ouvert ces presque trois heures de bouts rimés lyriques… servis par des musiciens hors pair. Bashung le troubadour, Bashung l’interprète de lui-même, Bashung l’américain, qui avait convié pour l’occasion Arman Méliès, son nouveau protégé, pour le duo Mes rêves, le chartérisé Raphaël pour Frédéric, une curiosité de 1963 due au Québécois Claude Léveillée, et Chloé Mons - Madame Bashung. L’aimée et des jeunes pousses dans le sillage du maestro - dans son ombre plutôt - lui l’indéracinable à la voix velours de stentor. L’autre artiste de la soirée ? Sans conteste Olivier Payen, qui a illuminé la scène de ses coups d’éclat de génie. Des lumières couture, tantôt soyeuses comme les drapés de toges antiques, tantôt aquatiques, tantôt crues comme le Tartare auquel fut voué le poète Chatterton. Maudit, Bashung l’hypnotique ne l’était pas l’autre soir… Et malgré sa dégaine gainsbourienne à certains moments, il n’aurait pas pu, comme l’homme à la tête de chou, entonner ces quelques mots :

Chatterton suicidé

Hannibal suicidé [...]

Quant à moi

Ça ne va plus très bien.

Tout allait très bien, vendredi soir…

A perte de vue

J'ai longtemps contemplé

10 avril 2007

10 avril 2007 : Ces femmes qui aiment les femmes

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C’est le petit dernier… Le chouchou… Celui dont je suis la plus fière. Je l’ai fait toute seule, aidée des enchanteurs et des bonnes fées de l’Archipel qui se sont penchés sur son berceau et l’ont adopté, avec une grande bienveillance…

Il n’est déjà plus à moi, et fait son entrée dans le monde aujourd’hui, sur les étals des librairies.

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Le magazine des Livres

Mdl3couv Pour le magazine des Livres, je mène l’enquête dans le petit monde de l’édition, flanquée de joyeux lurons …

À lire sans modération…

Pour en savoir plus, c’est ici

Moisson 2006

« 2006 sera plein de livres, lus, relus, écrits, réécrits… ou ne sera pas ! » (3 janvier 2006)

L’hôtesse de ces lieux s’en était donc allée aux champs pour récolter ce qu’elle avait semé.


Fantomes_du_jazz Dans ce recueil paru aux Belles-Lettres, une nouvelle écrite avec son complice Joseph Vebret... "Un boeuf au Paradis", ou comment Boris Vian et André Gide, à l'heure de leur dernière heure, se rencontrent au Paradis sans fausse note.


Ephemeris



À chaque jour suffit sa peine, disent les besogneux… Mais à chaque jour aussi ses coups d’Etat, ses coups de tête, ses coups de sang, ses coups d’éclat, ses coups de boule. Mille ans d’Histoire passés au crible du quotidien. Le 10 avril 1970 ? Les Beatles annoncaient leur séparation…

14 février 2007

Last night, Bukowski saved my life...

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Luciana Capretti, journaliste italienne, demandait un jour à Charles Bukowski pourquoi la majeure partie de son œuvre était autobiographique, ce à quoi ce dernier répondit : « Pourquoi est-ce que je mets mes propres chaussures le matin et non celles de quelqu’un d’autre ? Pourquoi est-ce que je rêve mes rêves à la place de ceux de mon voisin ? Je veux tout simplement fuir une réalité commune, déformée par de faux besoins. Ma réalité n’est pas votre réalité. »

Cette anecdote est rapportée par Gérard Oberlé, dans son dernier essai (Itinéraire spiritueux, Grasset, 2007, p.55-58), et glosée avec ivresse, ivresse qui, si elle n’est pas de santé publique, demeure un sésame pour l’au-delà, celui des morts mais aussi celui des vivants :

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mars 2008

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