Edito : Quartiers libres
Il y a des semaines comme ça, où l’envie nous prend de flâner hors des sentiers balisés – par les soldes d’hiver - ou rebattus - par le Tsunami. Bien sûr, on peut toujours lire, à ce sujet, l’excellent article de Wendy Doniger, « Tsunami myths », sur le site du Times Literary Supplement… Mais l’on peut décider, comme moi, de rejoindre ses quartiers d’été avant l’heure et de se la couler douce, au fil de ses envies de lecture. Quartier libre donc, puisque Livres-Hebdo a eu la bonne idée de ne faire débuter mon abonnement que la semaine prochaine, quartier libre aussi puisque cette semaine la revue de presse va là où le lecteur pressé ne s’aventure que très rarement. Laissons à DidierJacob, du Nouvel Observateur, le dossier de l’Express consacré à Bernard-Henri Lévy… tant pis si nous passons à côté du phénomène «livre sur BHL», « en passe de devenir un genre littéraire en soi » ! Eric Aeschimann s’y colle pour Libération, ça suffit amplement. Cette semaine, on "se la joue" Balzac plutôt que Modiano ou Quignard, malgré l’admiration que j’ai pour eux, surtout pour le second, Hans-Christian Andersen plutôt que Jules Verne, Vanessa Redgrave plutôt que Tony Blair. Jouer et muser, deux réalités qui ne sont pas si éloignées après tout, comme nous le rappellent les étymologistes. Comme l’écrivait aussi Claude Roy, dans Permis de séjour, « le bonheur (du moins le mien), ce n'est pas de gagner du temps : c'est de savoir le perdre. Pouvoir écouter patiemment la longue confidence d'un inconnu bavard. Se mettre en retard de son propre travail pour donner un coup de main ou d'esprit à quelqu'un qui en a besoin. (…) Et (aussi) prendre son temps, muser dans l'air du temps, traîner gaiement, bayer aux corneilles (oiseaux charmants, d'ailleurs, dont je ne sais pourquoi les ignorants prétendent qu'ils « croassent », corneilles joueuses dont on a grand tort de dire du mal, voltigeurs joyeux qu'on calomnie trop aisément). Alors, museau en l’air, en route pour cette revue de presse buissonnière.
Commentaires