L’été ? Sea, sex and sun… La presse, qui a bien compris les aspirations saisonnières de ses concitoyens, ne parle pas d’autre chose ! Les Inrocks, par exemple, ont sorti mercredi dernier, avant le sacro-saint numéro consacré à la rentrée littéraire, un numéro triple… Son titre ? « Sexe : qu’est-ce qui vous travaille ? »
Le Coq à l’âne, qui ne propose ni cul ni quizz, pourra-t-il rivaliser encore longtemps avec les lectures de l’été ? C’est ce que la maîtresse de ces lieux était en train de se dire, lorsque feuilletant d’une main distraite le Lacouture sur Stendhal - à chacun ses plaisirs - elle tombe sur cet extrait du Journal de l’homme de tous les fiascos, si l’on excepte ses réussites livresques, daté du 31 juillet 1801. Il y a 204 ans, le jeune Stendhal avait 18 ans et ses préoccupations en ce milieu d’été n’étaient, ma foi, guère différentes des nôtres :
« Je suis ainsi que beaucoup d’autres embarrassé lorsqu’il s’agit d’enfiler une femme honnête. Voici un moyen très simple. Lorsqu’elle est couchée, vous la baisotez, vous la branlez, etc. ; elle commence à y prendre goût. Cependant la coutume fait qu’elle se défend toujours. Il faut alors, sans qu’elle s’en aperçoive, lui mettre l’avant-bras gauche sur le cou, dessous le menton, de manière à l’étouffer. Le premier mouvement est d’y porter la main ; pendant ce temps il faut prendre le vit entre l’index de la main droite et le grand doigt, tous deux tendus, et le mettre tranquillement dans la machine. Pour peu qu’on y mette de sens-froid, cela est immanquable. Il faut cacher le mouvement décisif de l’avant-bras gauche par des giries. C’est Percheron qui m’a donné ce moyen, et il y est expert. »
Percheron, le bien nommé… Quant à ce fameux « sens-froid », corrigé par Del Litto dans le volume de la Pléiade, qu’il est joli !
Ce même Stendhal, qui, lorsqu’il passe à l’acte… littéraire, tait ce qu’il croyait maîtriser à merveille, sur les conseils de Percheron l’étalon, à dix-huit ans…









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