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07 novembre 2005

Banlieues: la blogosphère littéraire monte au front

A lire chez François Bon le dossier consacré aux violences urbaines qui agitent actuellement certains quartiers de NOS banlieues. Je me permets ici de reproduire la lettre de l’écrivain Leslie Kaplan, postée au journal Libération et diffusée sur différents sites Internet.

« Nous sommes quelques écrivains actuellement associés, ou ayant été associés, à des bibliothèques en Seine-Saint-Denis pour travailler à des projets d’écriture et de lecture avec différentes villes du département.

En tant que citoyens et en tant qu’écrivains, nous sommes révoltés par vos propos de ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, concernant les événements de Clichy-sous-Bois. Il est inadmissible d’utiliser le langage, la langue, les mots, pour promouvoir des contre-vérités et tenter de créer des divisions imaginaires entre "racaille" et voyous" d’un côté et des soi-disant "vrais jeunes" d’un autre côté.

Insultes, incivilités : qui tient ce langage, Nicolas Sarkozy ? C’est vous. Un "vrai jeune", c’est quoi ? Un jeune selon votre idée, à vous, qui vit calmement dans une banlieue sans avenir, qui fait calmement des études qui ne l’amèneront nulle part, qui accepte calmement que personne ne s’intéresse à son sort ? Qui voit calmement tous les jours à la télévision des gens qui s’agitent en racontant n’importe quoi, juste pour se pavaner et signifier que le monde leur appartient, à eux ? Votre parlez de "racaille" et de "voyous".

C’est un langage de haine, fondé sur la haine, un usage mensonger et haineux de la langue et des mots, fait pour diviser, discriminer, fait pour entretenir des fantasmes agressifs, violents, et la peur, et les ghettos. Cet usage est bien connu, il a été pratiqué souvent, il produit des effets. On voit le regard pointé, le doigt pointé, l’arme pointée, on cible un ennemi, sans doute pour mieux atteindre son propre cœur de cible (électoral). On engage des poursuites contre ceux qui réagissent à cette violence ordinaire, comme le montre l’affaire récente Brice Petit/Jean-Michel Maulpoix.

Nous nous insurgeons contre cet usage de la langue, contre ces intimidations. Dans une démocratie, les mots sont à la disposition de tous pour créer des liens, pour chercher ensemble, pour éveiller et rendre actifs. Vous faites tout le contraire. Nous ne l’acceptons pas. »

Cette lettre a été signée par d’autres écrivains également, qui participent au programme Ecrivains en Seine-Saint-Denis. En voici la liste :

Olivier Adam

Arno Bertina

Jeanne Benameur

François Bon

Didier Daeninckx

Arnaud Cathrine

Suzanne Doppel

Jean-Michel Espitallier

Félix Jousserand

Véronique Ovaldé

Jean-Luc Raharimanana

Jacques Rebotier

Pour qu’il n’ait pas à le faire, je signale le dernier post en date de Stalker, à lire (ou non) ici

Pour ma part, moi qui me demande toujours à qui profite le crime, je trouve insupportable l’idée que la France soit prise en otage par un petit Mussolini aux ambitions électoralistes démesurées. Aux mots de notre piètre Ministre, aux lâchetés de nos gouvernements successifs, à l’inanité de nos programmes télévisés, je préfère ces phrases, lues dans des copies de sixième, du temps où j’enseignais avec ferveur dans le 9/3.

J’avais donné le sujet suivant : un homme très riche n’est aimé d’aucune femme car il est très laid à cause de sa barbe bleue. Il tombe amoureux d’une fille de son royaume.
Vous écrirez le début de ce récit, tel qu’on pourrait le trouver dans un conte.

Abdallah écrit :

"Il était une fois un homme très riche mais très laid car sa barbe était bleue. Aucune femme ne voulait l’épouser. Un jour qu’il partait à la chasse, il rencontra la fille de sa voisine. Elle était très belle : elle était blonde, elle avait les yeux bleus et un corps diplomatique."

Wassim écrit à son tour :

"Il était une fois un homme très riche qui possédait des terres, des châteaux, des bijoux. Mais aucune femme du royaume ne voulait l’épouser car il était très laid à cause de sa barbe bleue. Un matin, il rencontra la fille de sa voisine : elle aimait les châteaux, les barbes, la couleur bleue donc elle l’aima immédiatement."

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Voici les sites qui parlent de Banlieues: la blogosphère littéraire monte au front :

» Le choix des mots : racaille de Sébastien Bailly
Péj. Partie du peuple la plus pauvre, considérée comme la plus méprisable. Synon. canaille, populace. C'est le bouleversement de tout; la racaille va maintenant à la cour... Les seigneurs sont confondus parmi les va-nu-pieds (ERCKM.-CHATR., Hist. paysa... [Lire la suite]

Commentaires

On ne dira jamais assez combien l'ignorance est le fléau numéro un, et j'admire ceux qui luttent contre ça. Le vrai conte de fées, ce serait que chacun apprenne le sens critique. Et discerne, dans les discours dont on le noie, la volonté d'accroître l'ignorance plutôt que d'informer, et de créer une peur pour pouvoir faire semblant de l'apaiser.

Chère Eli,
S'il vous plaît, vous êtes une personne cultivée, alors cessez de feindre la parole "banlieue" en écrivant 9/3 au lieu de 93, ou mieux, le département de la Seine Saint-Denis. Vous avez le temps d'écrire en toutes lettres ou en tous chiffres ce dont il est question. Par pitié, évitez ce snobisme linguistique qui est un cache-sexe de la paresse et/ou de l'ignorance. Si ceux qui savent la syntaxe et les mots n'en font pas usage, il est alors certain que notre langue aura fait long feu !
La violence comme moyen d'expression est souvent l'arme de ceux qui ne trouvent pas le mots pour s'exprimer. Pour autant, il me semble injustifiable de rouer à mort un homme, de brûler vive (ou d'essayer) un handicapé, de brûler écoles, bus, voitures, etc. de chercher à lapider pompiers, policiers, etc. L'indigence ne me semble pas une explication convaincante, et ne sera jamais une justification. Ceux dont ils brûlent les voitures, les écoles et les gymnases, qui sont leurs voisins, ne sont pas plus privilégiés qu'eux.
Quant au soi-disant état policier où nous vivrions, je m'étonne que personne ne remarque qu'il est facile de lancer des pierres, des produifs inflammables et tirer à la chevrotine sur des agents qui ont interdiction de faire usage de leurs armes à feu. C'est jouer à un guerre très confortable.
Weber expliquait naguère que l'Etat avait le monopole de la violence légitime. Dans notre nouveau monde, les victimes (ou proclamées telles) ont seules le monopole de la violence justifiée...
Il faut plus de courage aujourd'hui pour être pompier ou policier que pour lancer des pierres : on est protégé par les media, un partie de la gauche, la loi, son âge...
Les policiers, eux, se font insultés quoiqu'il leur arrive par tous les mutins de Parnurge et autres courageux !

Je n'ai aucun goût pour le petit ministre, ni pour son discours calculateur ni pour ses outrances, mais j'en ai encore moins pour ceux qui ne voient que ses écarts de langage pour ne pas voir les écarts du réel par rapport à la loi, qui sont ce qu'il y a de plus choquant. Tout comme il est choquant qu'un ministre de la République soit lapidé (tentative de lapidation qui remonte à quelques jours), ou insulté, c'est l'état français qui est insulté à travers lui, et moi en tant que membre du corps politique, mais pas seulement moi, tout lecteur qui est citoyen français.

Vous faites bien, fidèle Cercamon, de nuancer ce que vous semblez avoir lu dans ce billet. Vous le savez déjà, je vous répondrai plus amplement en privé. Juste une remarque : réagir vivement sur le discours d'un ministre, et sur sa manière de traiter un conflit, ne signifie pas légitimer les actions criminelles accomplies en ce moment par certains dans les banlieues !

moi, je trouve ça bien les banlieues qui flambent. A quand Paris? Et tout le système pourri dont on nous dit que c'est la démocratie ? Et tout le système corrompu qu'on nous dit être la république indivisible, égalitaire et juste? Et toute cette classe politique, ces gens de gauche/droite et d'autres encore qui ont bonne conscience dans leur petit appartement à 4-6 milles euros le m2 ? Peu importe qui fait flamber les banlieues et au nom de quoi. Toutes ces "déplorations" niaises ne sont que des discours et les discours ne sont pas de la littérature. En revanche, tout foutre en l'air dans ce pays (comme dans le reste du monde d'ailleurs), ça c'est de la littérature ! Et en 2007, votez Sade ou Lautréamont, descendez dans la rue pour appliquer Sade et Lautréamont en arrêtant de geindre pour savoir si notre pouvoir d'achat baisse ou augmente. Battez vous, risquez votre vie qui ne vaut la peine de rien, prenez exemple sur ceux qui s'y risquent, le reste viendra à la bonne heure... ou jamais ! ce qui serait bien mérité en fait, non ?

Je suis affligé par les éructations boutonneuses de c. hoctan. C'est du mauvais surréalisme (dont les actions violentes sont si peu nombreuses qu'on a peine à les trouver : ils giflaient plus en discours qu'en vrai), c'est irresponsable et idiot. Ce qui se passe dans les banlieues est le contraire de la littérature qui a besoin d'ordre pour éclore : demandez-vous c. hoctan pourquoi les Boulgakov, Kadaré, Kundera (lisez ce qu'il écrit à ce propos), Pasternack ont pu écrire de tels chef-d'oeuvre ? L'anarchie n'a jamais produit aucune littérature ! Qu'a-t-on écrit pendant la Terreur ? Pendant la Commune (pas après : Vallès dut attendre quelques années et le confort d'un contexte ordonné pour écrire ses romans) ?
Lautréamont a passé sa courte vie à lire et à écrire, tout comme Sade. Ils n'ont rien foutu en l'air d'autres que les conventions littéraires. Ne confondez pas l'histoire littéraire et l'histoire sociale. Elles se recoupent rarement !!!!
Les moments où on fout tout en l'air, comme la Grande Guerre, ça tue les poètes !
Grandissez ou fermez-la

Pour l'homme à la barbe bleue, une écharpe orange autour du cou, ça aiderait peut-être à faire passer la pilule. Mais, il resterait le problème de l'argent...

bouh bouh
toute l'histoire universelle montre au contraire que c'est quand tout craque, que tout se renouvelle ô combien. Les pensées gentilles c'est bon pour les gentils... moi pas gentil du tout. So.... Cercamon... je ne me la fermerais pas, et certainement pas sur ce ton. Et qui plus est, mon doctorat d'Histoire littéraire et de Civilisation française me permet de connaître un peu l'histoire littéraire, justement, aussi merci pour la leçon particulière mais passez-vous en la prochaine fois. Enfin, il est vrai que de vous lire, ça me ferait presque un effet soporifique qui me calme tout à coup. Enfin, je relis une petite phrase comme ça en passant, histoire de me remettre en forme :
"Ma poésie ne consistera qu'à attaquer, par tous les moyens, l'homme, cette bête fauve, et le Créateur, qui n'aurait pas dû engendrer une pareille vermine".... Lautréamont justement!
A bon entendeur, salut !

Je ne peux que réagir à ce qui a été écrit.
On ne peut pas se permettre de dire n'importe quoi! Je vous trouve bien extremes...

Avant d'envisager l'arme ultime de l'écharpe orange, un bon coup de rasoir bic ne résoudrait-il pas simplement la situation?

Vous êtes la preuve, c.hoctan, que les diplômes ne sont ni une preuve d'intelligence ni une preuve de culture. L''idée que le texte de Lautréamont pût être traversé de part en part par l'ironie ne semble pas vous éffleurer. Le lire en premier degré rend difficile une admiration qui mettrait dans dans le même sac tant et tant de mauvais auteurs romantiques dont Ducasse raille avec talent tous les lieux communs.
En fait de lieu commun, vous semblez vous y entendre, qui nous ressortez les éternels Sade et Lautréamont, tartes à la crême pour dévôts transis et attardés d'un surréalisme idiot et adolescent. Vous m'eussiez peut-être cité, si la culture avait accompagné vos diplômes (étalez les vôtres si c'est votre seul titre aux yeux des lecteurs : vos phrases ne sont guère convaincantes et si indigentes quant au style !), Chateaubriand qui vécut et vit de près ces temps troublés qui semblent exercé sur vous la même fascination qu'exerce sur une vache le passage d'un train rempli de fumier, mais, si vous l'avez lu, vous savez sans doute qu'il n'est guère favorable à vos débordements absurdes. Céline eût sans doute été un candidat idéal à la satisfaction de votre besoin de violence (par procuration, cela va sans dire...).
vous me rappelez le grand Sollers qui chantait en toute irresponsabilité la Grande Révolution Culturelle au moment même où celle-ci proposait des scènes nombreuses et hystériques d'anthropophagie, lui et tous les autres irresponsables qui trouvent passionnants ces gens qui ont la barbarie qu'ils n'ont plus qu'à l'état d'ignominie intellectuelle et d'irresponsabilité déguisée en plaisir esthétique.
Croyez-vous que ces actes vont aider leurs auteurs ? Croyez-vous qu'ils vont améliorer la vie dans ces endroits ? Croyez-vous qu'ils entretiennent une quelconque relation avec un language articulé et littéraire ? Même Jarry sur son vélo qui tirait dans tous les sens se gardait bien de faire des morts ! Ce qui l'amusait, c'était la surprise sur le visage des passants : il y a loin cependant de Jarry à nos émeutiers...
Je ne sais pourquoi j'argumente avec vous, c.hoctan, le language vous intéresse visiblement moins que la violence ! Je me permets aussi de vous conseiller l'achat d'un Grévisse, d'une grammaire et d'une histoire littéraire : donnez-moi des exemples de votre "quand tout craque éclosent les génies" qui lui-même de fait pas de nos émeutiers de génies. Le pyromane qui regarde brûler une maison n'est pas un génie, mais un malade. Vous lui ressemblez face à votre maison (notre société et notre langue) qui brûle.
Cercamon

Eli, ma chère Eli, comment laisser passer des messages aussi affreux, sales et méchants que ceux de c.hoctan (qui prouve au passage qu'on peut obtenir son doctorat de littérature sans rien comprendre aux surréalistes, à Lautréamont ou à Sade- qui cela dit en passant, militait certes dans un comité de sans culottes mais n'a jamais manié une pique de sa vie... -)
Laisser passer des commentaires qui prouvent involontairement qu'existe un degré zéro de l'écriture (et surtout de la réflexion), je n'en voie pas vraiment l'intérêt;
A quoi bon d'ailleurs argumenter avec un prétendu anarchiste ? Je préfère le laisser à son babouvisme anachronique...

Enfin, comprendre n 'est pas excuser; peut-être faudrait-il se montrer d'ailleurs plus intelligent que Sarkosy et arrêter de lui faire croire qu'il a raison...

Je persiste à dire que c'est de la faute à l'écharpe orange tout ça. Personne ne m'écoute, mais si on avait rasé à la base du poil, on en serait pas là à s'étrangler à coup de cache nez...
Triste monde, où on ne croit plus aux contes, mais on paye tout de même l'addition.

(pas mal ça hein? c'est pas du Lautréamont, mais ça se défend, hein?)

Cher Saint-Loup, si vous connaissez les usages en vigueur au Coq à l'âne, vous savez que la maîtresse de ces lieux laissent ses lecteurs s'exprimer. Bien entendu, s'il le fallait, je saurais rappeller mes troupes à l'ordre, mais je n'ai pour l'instant aucune raison de m'inquiéter...

Oui cher Dash, vous avez raison. Tout ça c'est encore un coup d'écharpe mal compris.
Bon mais puisque tant de gens aimes les couvre-feux, je le répète : vive le feu tout court !
Quant à cercamon et saint-loup, ouf, je préfère me taire. Mais oui, Lisez Sollers voilà une très bonne idée : surtout son "Poker" qui vient de sortir qui est un vrai chef d'oeuvre ou alors son "Vison à NY" ! ça vous rendra un peu plus intelligents et cultivés, en effet, en effet !! et y'a du boulot...
Et au prochain épisode, j'appelle direct Patrick Bateman pour vous coller deux balles dans la tête en vous triturant les neurones comme il faut, histoire d'en finir avec votre bonne conscience catho et vos gémissmeents mielleux.

Même fictivement, je trouve le souhait que fait c.hoctan de notre mort à saint-loup et à moi tout à fait limite, même médié par une référence livresque.
Quant à qualifier de bonne conscience catholique tout lecteur de Chateaubriand, cela en dit long sur la bêtise de ce monsieur et en fait de gémissements mielleux, sous la plume d'un tel pantin au psyttacisme navrant, vous pouvez laisser cela sans crainte. Quand on écrit une langue si pleine de lieux communs, on évite les leçons et on garde ses diplômes secrets afin de ne pas ruiner le peu de prestige qu'il leur reste encore.
L'adolescence fait décidément toujours de terribles ravages. C. hoctan, vous avez au moins un demi-siècle de retard : "bouffer du curé", comme on disait alors, cela ne réclame plus aucun courage. La télévision le fait sans arrêt.
Pour vous apprendre à être vraiment méchant, mais avec talent, je ne saurai trop vous conseiller une relecture attentive de Ducasse (afin de comprendre cette fois-là quelque chose à cet émule de Baudelaire) et la lecture de Léon Bloy. Vous y verrez qui sont les bien-pensants !

Je découvre ce blog, ça déménage ici !

LES FLAMMES DE LA RAISON

Il me semble que la crémation des moyens de locomotion généralisée dans les banlieues du pays est le signe d'un grand bouleversement social, un mouvement de fond qu'une stupide répression policière ne saurait éteindre. Je ne cesse d'entendre que brûler des voitures, ça n'est pas une solution pour résoudre les problèmes des jeunes de banlieue...

Justement, je pense que c'est une solution. Sans ces heurts spectaculaires (toucher à la tôle sacrée du français moyen, ça choque toujours l'opinion publique sensible à la préservation de ses joujoux favoris) comment faire avancer les choses, faire prendre conscience aux privilégiés des centres villes et des campagnes de la gravité de la situation dans les banlieues ? Brûler des voitures est, à mon sens, la meilleure solution pour faire bouger les choses, contribuer à faire changer les mentalités, secouer les consciences endormies. Brûler une voiture est certes répréhensible sur le plan strictement légal, mais c'est précisément avec ce genre de geste illégal, acte fondateur par excellence du pionnier social participant au progrès humain, qu'évoluent nos sociétés.

Mieux vaut faire une révolution en brûlant des voitures plutôt qu'en portant des têtes coupées sur des piques. Brûler des voitures est par conséquent un acte potentiellement héroïque, pour peu que cela débouche sur une amélioration de la vie des révoltés, une capitulation du pouvoir qui reconnaîtra par la suite la révolte comme un légitime soulèvement des banlieues contre l'injustice sociale.

C'est ainsi qu'évoluent les mentalités, que se fait le progrès social : en pratiquant la désobéissance civile, en manifestant illégalement contre le pouvoir. Aujourd'hui conspués, demain qui sait si les brûleurs de voitures ne seront pas honorés par les mêmes qui les condamnent actuellement ? Comme les porteurs de têtes coupées de 14 juillet 1789 sont de nos jours acclamés. La crémation des voitures de banlieue, c'est leur 14 juillet à eux. Leur révolution est en marche. C'est en se rebiffant de la sorte contre l'ordre social inique que progresse toute société. Aujourd'hui les mentalités ont évolué, dans sa grande majorité le peuple ne verse plus le sang pour se faire entendre, il brûle des voitures, brise du mobilier urbain. N'est-ce pas déjà un énorme progrès par rapport aux révoltes barbares du passé ? De nos jours même les plus enragés des insurgés des banlieues respectent la vie humaine. Plus civilisés que nos aïeux, ils se révoltent avec les moyens appropriés à leur portée : l'incendie de voitures. Où est leur crime ? Leur combat me semble parfaitement légitime. A leur place, ne réagirions-nous pas de même ? Pour avoir vécu dans la banlieue et côtoyé un peu ses habitants, je comprends leur révolte.

Vive la révolution, vivent les brûleurs de voitures !

Raphaël Zacharie de Izarra
2, Escalier de la Grande Poterne
72000 Le Mans
Tél : 02 43 80 42 98
raphael.de-izarra@wanadoo.fr

Raphaël, excusez moi mais rien ne tient debout... de la définition évasive du "jeune de banlieue" jusqu'à l'idée vaseuse de "désobéisance civique". Il s'agit de délinquance, non? Un malaise social sans doute, mais de délinquance quand même...

Si je ne me trompe pas, vandalisme et révolution populaire sont deux notions tout de même différentes.
Bref, je n'ai rien compris...

Et je me permets aussi de vous dire que porter ses coordonnées personnelles sur internet, ce n'est pas bien malin non plus.

Monsieur de Izarra,
Je ne sais même pas pourquoi je vous réponds, conscient qu'en plus d'ignorer les plus élémentaires règles de la clarté, vous ne maîtrisez même pas les lieux communs que vous nous recycler sans grâce ni talent. Que veut dire une phrase comme : "Brûler une voiture est certes répréhensible sur le plan strictement légal, mais c'est précisément avec ce genre de geste illégal, acte fondateur par excellence du pionnier social participant au progrès humain, qu'évoluent nos sociétés." ?
Rien, je crois. Le pionnier social participant au progrès humain est l'une de ces chimères constituées à partir de nombreux poncifs qu'on mélange dans l'espoir de trouver du nouveau.
Je me permets de vous conseiller un retour rapide sur les bancs de l'école (à ce niveau, l'université me semble prématurée pour vous) pour y réviser l'histoire politique et sociale de notre pays et des autres pays : la condition ouvrière a profité davantage de la loi Waldeck-Rousseau (dois-je perdre mon temps à vous rappeler que cette loi autorisa les syndicats sous la Troisième République ??) que de la Commune qui a plutôt créé une blessure longue à guérir. De la Terreur, le peuple ne profita nullement, ni non plus, faut-il le rappeler de la fameuse abolition des privilèges (de tous les privilèges, donc pas seulement de ceux des aritocrates, mais aussi, et surtout, ceux des corporations (les artisans), des métayers (le droit de pâture), etc. Lisez François Furet sur ces questions, si (ce dont je doute tant vous vous gargarisez de schémas aussi vides que faciles) vous voulez vous instruire de tout cela.
Les "jeunes des banlieues", ceux qu'on appelle en banlieue les "racailles" (Sarkosy n'a rien inventé), brûlent des voitures depuis des années. Il ne me semble pas que leur condition ait profité de toutes ces hécatombes (regardez le mot dans le dictionnaire : cela vous permettra de comprendre l'allusion à une pratique antique bien connue des gens cultivés).
Les mêmes ont décidé d'accéder au niveau supérieur en brûlant écoles, bus (avec gens à l'intérieur qui furent priés de sortir comme ils pouvaient, quand ils le pouvaient...) et bâtiments publics (Trésor public, commissariats, etc.) et en tentant de lapider policiers et pompiers. Ce n'est pas de la désobéissance civile, c'est du crime. Vous écrivez candidement (je vous accorde, vous le voyez, le bénéfice de la candeur) : "Plus civilisés que nos aïeux, ils se révoltent avec les moyens appropriés à leur portée : l'incendie de voitures. Où est leur crime ? Leur combat me semble parfaitement légitime." Leur crime est qu'il y a parfois des gens dedans !
Plus civilés que nos aïeux, dites-vous, mais c'est parce que nos aïeux ont risqué leur vie (leur vie, contrairement à nos révoltés juvéniles qui ne risquent rien, car la police ne tire pas ! Il est facile de lancer des pierres sur des gens qui ont ordre de ne pas utiliser leurs armes à feu !).
Que vous compreniez la frustration de la jeunesse de la banlieue est une chose, mais croyez-vous que sa mise à sac des biens de leurs voisins (aussi peu favorisés qu'eux) conduisent à améliorer leur situation ? Cela conduira, c'est certain, à donner des arguments à ceux qui les montraient déjà du doigt. Je pense au borgne, ancien de l'Algérie (comprenez-vous l'allusion ?) qui n'a plus besoin de faire peur. Les gens ont peur, désormais !!! Il n'a plus qu'à en récolter les fruits.
De ces émeutes et troubles urbains sont nés les pires régimes de l'histoire, car les gens qui ont peur se confient à ceux qui, démagogues et malins, savent leur promettre une solution musclée...
Il faut grandir, monsieur de Izarra, et s'efforcer d'analyser la réalité au lieu de vivre dans des images d'Epinal où vous vous donnez l'impression d'être un révolutionnaire à bon compte. Mais n'oubliez pas une chose, les révolutionnaires, souvent, produisent pire que ce qu'ils combattent que la révolution soit nationale (Vichy), bolchévik (Russie), khmer (Cambodge), maoiste (Chine), fasciste (Italie), castriste (Cuba), populaire (Corée, Vietnam, Laos, Bangladesh), jacobine (la Terreur : il fallait un Bonaparte pour mettre fin à la Révolution en rétablissant l'ordre et la loi)...
Je me permets, pour conclure, de vous signaler que la République est le résultats de nombreuses révolutions : 1789, 1792, 1830, 1848, 1871. Vouloir détruire la République (pourquoi pas, mais il faut assumer toutes les conséquences !), qui seule garantie l'égalité des droits (au nom de laquelle un peut protester : sans cette égalité constitutionnelle, ces jeunes gens auraient depuis longtemps été tous arrêtés et violentés au-delà de ce qu'on peut imaginer), c'est se condamner à la loi du plus fort. Et à ce jeu, ils sont sûrs de perdre. Seule la loi les protège ! Ils le savent, mais ne l'invoque que quand ça les arrange ! Sans la loi, la police pourrait les tuer au lieu de les arrêter.
Alors, un combat qui conduit à attaquer ce qui garantit la loi qui les protège est-il vraiment légitime ? N'est-il pas plutôt complètement idiot ?

Cercamon

Consternant, ce que je puis lire sous votre plume Flory... Consternant. Pour m'éviter de le faire dites-vous ? Cela tombe bien, la Zone se passe aisément de votre maigre, très maigre publicité. 4000 visites en moyennes pas jour depuis quelque temps, qu'en dites-vous ?
Parlons sérieusement : vous faites en somme, en relayant le gauchisme le plus dégradé, le jeu de celle et ceux qui gauchissent (c'est le cas de le dire) le langage : car enfin, prétendre qu'un petit connard qui écoute du rap toute le journée appelant à, je cite "baiser la France, cette pute", qu'est-ce donc si ce n'est une racaille ? Ah oui, je sais, la Gauche bien-pensant, qui évite en général de traîner en banlieu, préfère l'euphémisme "djeune". Pour moi, pardon de vous le dire, de la merde, eh bien, c'est de la merde, tout simplement, quelle que soit la sauce à laquelle cette merde sera badigeonnée. Un meurtrier est donc un meurtrier, qu'il s'appelle Rachid ou Martin. Du reste, je vous rappelle, vous qui apparemment semblez bien connaître les moeurs de la banlieue, que racaille, et son équivalent verlan, sont depuis belle lurette devenu un signe de reconnaissance entre banlieusards. Mais où donc vivez-vous ma jolie ? Dans quelque appartement cossu du 16e arrondisement, avenue Mozart, ce qui vous permettrait certes de relativiser ce qui s'appelle, en bon français : prodromes de guerre civile ?
Vous me faites de la peine ma petite et, pour tout vous dire, je trouve assez pathétiquement nul votre relais de tout ce qui se fait de pire en matière de bien-pensance, en constatant les noms des porcs que vous citez dans cette pétition...
Il est vrai que la pétition est l'arme de guerre de la gauche bien-pensante (pléonasme)...
Allez, rideau, ou alors, pour vous rafraîchir quelque peu les neurones, allez donc vous plonger dans la lecture de quelques auteurs experts en utilisation de faux langage : Orwell, Armand Robin, Karl Kraus et Victor Klemperer.
AU fait, ne répondez à ce mail que lorsque vous aurez terminé ces quelques lectures, essentielles pour vous éviter de raconter de minables conneries.

Je ne vous salue pas Flory.

Vous êtes un bien étonnant garçon, Juan... Si on ne parle pas de vous et de la fulgurance de vos pensées sur le monde, on vous caviarde. Si jamais on signale vos écrits, on ne vous fait qu'une très "maigre publicité" ! Pour le reste, je vous laisse avec vos convictions, elles ne regardent que vous.

Au plaisir de vous lire (quand même !)
Flory

Merci à Izarra pour son message qui me redonne du courage pour écrire sur ce blog. Car avec des gens comme Cercamon, autant revenir à la France de Vichy ou de Louis XVI. Mais Stalker, vous êtes vraiment injuste avec E. Flory. Vous avez tort à son égard. Peut-être n'avez-vous pas tort sur le fond de votre message. Et alors ?
Je ne compte pas rediscuter du bienfaits des voitures qui flambent. Oui,c'est un bienfait. Et que PAris tremble, il était temps !! Mais, le problème n'est pas de discuter de ça, c'est de savoir pourquoi nous pensons qu'il y aurait des sous-hommes, des bonnes lois coloniales de 55 et que des ados auraient envie de tout casser et ne rien faire d'autre de leur vie ? La question c'est pourquoi ?? Mais, je m'arrête là. Il est vrai que si nous avions tous du courage, nous descendrions pour nous aussi bruler les voitures et demander la démission immédiate de l'ensemble de la classe politique. Nous devrions mettre notre vie en jeu juste parce que la vie que nous vivons dans ce pays, dans ce type de société n'est simplement pas une vie.
bye bye !

Inutile de nier les faits. La révolte existe bel et bien et était même prévisible de longue date. Peu importent les belles paroles sensées faire la morale et redresser la situation, la colère elle, elle est là. Vous aurez beau élever la voix après coup, les faits ne peuvent être occultés. Les premiers acteurs arrivés sur la scène ont toujours raison. Il est facile de parler derrière les feux pour les éteindre, en attendant se sont les pyromanes qui ont écrit les premiers mots de cette affaire, et en lettres mémorables encore.

On ne pouvait rien contre le phénomène de soulèvement des banlieues. Le mal était fait. A force d'ignorer les problèmes des cités des banlieues, l'eau de la colère a bouilli, elle a débordé jusque dans nos villes de province, soulevé le lourd couvercle des certitudes républicaines posé sur la France.

A présent on analyse, tergiverse, "moralise"... Un peu tard, non ?

Raphaël Zacharie de Izarra

Je parle ici des brûleurs de voitures, du symbole qu'ils représentent, pas des autres faits beaucoup plus graves commis par une extrême minorité des insurgés. D'ailleurs je n'ai jamais incité les jeunes de banlieues à continuer de brûler des voitures, je les ai incité à continuer la révolte sous une forme plus civilisée, plus acceptable en termes d'image et surtout plus morale. D'autre part constater l'évidence n'est pas nécessairement approuver les excès. J'ai dit en d'autres termes que la révolte des "voyous des banlieues" était fondée, légitime sur le plan moral. Tout opprimé à le devoir de se révolter, l'oppression exercée sur les banlieues consistant en une traditionnelle injustice sociale qui dure depuis des décennies. Oui je préconise la révolte, j'incite au soulèvement des banlieues de la même manière que certains français en 1940 entraient en résistance contre l'occupant nazi. Aujourd'hui l'occupant vert-de-gris, c'est l'État inique qui traite les banlieues comme une France au rabais, réprime, méprise ses habitants défavorisés. J'ai appelé à la révolte sous une forme pacifique respectueuse des biens et des personnes, je vous le rappelle. J'ai appelé à une résistance non-violente contre l'État, pas à la guerre.

Raphaël Zacharie de Izarra

Le bel Asensio, ne nous y trompons pas, est une sorte d'esthète perverti. C'est un esprit fin s'accommodant sans problème d'une sensibilité moins subtile. Il a le goût de la grossièreté, cela ne signifie pas pour autant qu'il n'a point de jugement adroit. Il est cynique, et je crois qu'il ne s'aime pas à force de nous montrer qu'il s'aime si démesurément. Il se complaît dans sa fange dorée : son cynisme, c'est son intime refuge. Je crois qu'il est désabusé, blasé de tout, mais cela ne l'empêche nullement d'être très confiant dans sa propre personne.

Il mise tout sur lui, et rien que sur lui. Il s'afflige face à la misère intellectuelle (toute relative) des autres, mais se console bien vite devant le reflet "ASENSIOnnel" que lui renvoie son cher miroir. C'est une sorte de misanthrope qui arrive cependant à donner du prix à un seul représentant de l'humanité : lui-même. C'est un grand narcissique.

Il n'est pas forcément mauvais, il est surtout égocentrique, satisfait de lui-même et de ses basses oeuvres steineriennes. Il aime se rouler dans la boue de sa vanité, se salir avec les ordinaires déjections de son esprit. Son humour hautement périssable est un feu d'artifice qui retombe bien vite en poussière pour former un vernis opaque tout autour de lui, qui lui fait une sinistre silhouette. L'albatros originel s'est assombrit depuis longtemps. Déchu mais demeuré superbe, Asensio est devenu une espèce de vautour. Mais à l'oeil vif et pétillant. D'ailleurs il n'y a que l'oeil d'aimable chez lui. Il sait voir le monde, il le perçoit avec finesse, mais il le déforme assez vite, tant est démesuré son orgueil. Il est trop empressé de déployer ses ailes noires et de planer au-dessus de ce monde pour mieux le noircir, l'obscurcir de son ombre gigantesque qui passe.

Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr
SITE : http://espritlibre.foxoo.net/plume

Du jamais vu au Coq ! Je viens de "caviarder" un commentaire de Raphaël, intitulé "Appel à l'insurrection pacifique des banlieues" ... Que les curieux le contactent, s'ils souhaitent en savoir davantage. Mais le Coq à l'âne n'est pas une tribune politique, et dans toute chose il faut savoir raison garder, comme dirait l'autre...

Je rappelle également que les commentaires n'ont pas pour fonction de régler ses comptes. Raphaël, quelle que soit l'idée que vous ayez de Stalker, adressez-vous directement à lui, et non par le biais du Coq. Le billet, qui a déclenché tous ces commentaires, ne traite pas de Stalker que je sache ! Ne nous éloignons pas du sujet, je vous prie.

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