Bibliographie

Les notes récentes

Les commentaires récents

La blogliothèque du Coq à l'âne

Littératures en ligne

« août 2006 | Accueil | octobre 2006 »

14 septembre 2006

Gommez ce sein que je ne saurais lire...

Me0000028662_2_7

Jour de rentrée des classes… Je veux familiariser mes élèves de troisième avec les types d’exercice qui leur seront donnés le jour du Brevet Je choisis, pour des raisons très subjectives, un texte de Grégoire Bouiller, tiré des annales 2005. Je n’ai pas lu le récit en question - Rapport sur moi - mais je me souviens de son deuxième livre L’invité mystère, où il raconte sa rencontre avec Sophie Calle.

Le texte que je soumets à la sagacité de mes élèves est très bien écrit et en adéquation avec les préoccupations d’un élève de collège. Voyez plutôt : Alors que l’école française vient de s’ouvrir à la mixité, Béatrice fait son entrée dans une classe de garçons. Tous tentent d’emporter ses faveurs. La jeune fille comprend très vite le parti qu’elle peut tirer de la situation. Ainsi, jamais elle ne porte son cartable, jamais elle ne fait ses devoirs… Seul le jeune Grégoire, écoeuré par ce marché de dupes, reste à l’écart : « Que m’importaient ses éblouissants sourires s’ils étaient la récompense d’un avilissement de caniche ? » Pourtant, c’est sur Grégoire que Béatrice va jeter son dévolu…

L’histoire est connue, et mes élèves sont ravis d’entrer dans les subtilités de la syntaxe et de la grammaire tout en pénétrant celle de la psyché féminine. En d’autres termes, et pour parler de manière plus prosaïque, ils sont davantage sensibles à la « la leçon de drague » qu’à la question épineuse des marques de l’ironie.

« Elle était une eau vive et, à la voir, on pouvait croire aux champs de mimosas en plein Paris. Elle n’était pas farouche […] »

J’attire leur attention sur la signification des points de suspension mis entre crochets, pour leur signaler que ce « signe » indique que le texte a été coupé. Puis, je leur demande de commenter l’image : sa poésie, sa sensualité etc. Nous discutons aussi de cette expression, tombée hélas en désuétude pour eux, « elle n’est pas farouche »… remplacée dans leur langue parfois indigente par le très courant « elle est bonne », « c’est une salope, une pute » etc.

Lire la suite "Gommez ce sein que je ne saurais lire..." »

08 septembre 2006

Pillow book

Andr_hardellet "Nous avons tous du génie dans la position horizontale et les yeux clos". Cette très jolie phrase articule les deux axes du récit. Dans cette attitude d’abandon, le rêveur et le baiseur se donnent le change. Steve Masson, parvenu à cet âge où l’on se retourne sur son passé, en exhume le "vert paradis". Y règne en maîtresse toute-puissante la figure charismatique de Germaine, la nourrice du Stève qui va devenir la grande initiatrice, cette femme à l’aune de laquelle toutes les autres seront passées au crible. Pour celui qui "ne fait pas l’amour mais qui est fait par l ‘amour", les rêveries érotiques s’entremêlent comme les corps étreints, aimés et perdus. Le temps présent de l’écriture se laisse envahir par les images des femmes du passé, jusqu’à rendre indistinctes celles qui relèvent du réel et les autres, celles du rêve : "Mes jours vécus et imaginaires s’accordent si étroitement que je m’avoue incapable de les distinguer". Ce qui sauve Steve de la médiocrité de la vie vécue, c’est cette capacité à "doubler" son existence : "A chaque événement, ou presque, nous ajoutons un double, après l’avoir rectifié. Je veux dire : la même scène, mais dans un monde sans défaut."

Lire la suite "Pillow book" »

mars 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            

Audimat



Powered by TypePad