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La blogliothèque du Coq à l'âne

Littératures en ligne

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19 janvier 2007

Les travaux d'écriture du Coq

Le Coq à l’âne reprend du poil de la bête. Certains travaux d’écriture qui l’ont tenu en haleine en 2006 sont achevés, d’autres sur le grill… histoire de conserver le feu sacré qui anime l’hôtesse de ces lieux.

Pour les curieux, c’est  ici...

17 janvier 2007

La littérature à la page : aux passantes de soie rose vêtues...

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Une des nouvelles d’Anna Gavalda s’ouvre sur une passante qui n’a de baudelairien que la référence là pour prouver que l’auteur connaît ses classiques (« Petites pratiques germanopratines », Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part). Elle traverse imprudemment le boulevard Saint-Germain, prête à risquer sa vie pour « la vitrine de chez Paul Ka ». Christine Angot, quant à elle, ne jure dans ses romans que par Dries Van Noten ou Comme des garçons (on n’attrape pas les bobos avec du vinaigre)… Bret Easton Ellis fait de certains de ses romans les bréviaires du parfait fashion-victime, pour mieux dénoncer la dictature des marques (American Psycho, Glamorama). Les Choses de Perec tourne en dérision les petits bonheurs consuméristes des Trente Glorieuses. L’année de sa sortie, en 1956, le Prince Rainier épousait Grace Kelly, les usines Renault fabriquaient la Dauphine et Christian Dior donnait, dans son autobiographie, sa vision de la mode : "Mon faible, vous l'avez deviné, est une vocation d'architecte qui me fascine depuis l'enfance [...] une robe telle que je la conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin". Mais qui mieux que Zola a dépeint ce qui faisait le bonheur de ces dames ?

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Le Masque démasqué

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On peut être las des commémorations, prétextes souvent commodes dont s’empare l’industrie du livre pour justifier  rééditions, coffrets, gloses et ouvrages critiques de tout acabit. On peut aussi, pour une fois, vaincre son aversion des chiffres ronds et se plonger, toutes affaires cessantes, dans l’hommage vibrant que Daniel Garcia rend à l’émission radiophonique et légendaire du Masque et la Plume. Le livre-album qu’il nous offre ici est l’un de ces trésors qui rendent à la commémoration sa raison d’être, celle de se rappeler de ce qui fut mémorable.

« Daniel Garcia s’est plongé dans les archives des deux mille émissions du Masque et la Plume… Il en est ressorti vivant, avec une étonnante histoire des passions culturelles en France ». Rarement une quatrième de couverture aura sonné si juste. Car c’est de bien de cela qu’il s’agit : En retraçant les cinquante années de ce qui fut, et est encore, l’émission du Masque et la Plume, Daniel Garcia nous livre une fresque captivante de l’histoire culturelle de notre pays. Car sitôt achevé  ce pavé de près de 550 pages, richement documenté et merveilleusement illustré, on comprend mieux la longévité du Masque et son statut d’émission culte : Elle a perduré parce qu’elle a toujours marché main dans la main avec l’histoire de la culture française, avec ses errements, ses fulgurances, ses agonies, ses résurrections.

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16 janvier 2007

L'écrit sur grand écran

« Un texte se rêve avant de s'écrire. On ne peut se passer de la confrontation au réel, vivier d'images et de sentiments contradictoires, de rencontres et d'anecdotes que l'on peut "romantiser". Mais il exige aussi du scripteur qu'il se mette ensuite en retrait, dans son antre, où il peut développer les images vues dans la chambre noire de son mental. »

L. semblait d’accord, elle qui écrit depuis bien plus longtemps que moi. Mais elle tiquait sur la première phrase : « Je ne rêve pas un texte avant de l'écrire, je le construis à partir d'images. Tout s'élabore dans la tête. Et je me force parfois dans la journée à faire venir l'image. Le temps de l'écriture, pour moi, intervient après. Mes images doivent être à peu près construites. Puis lorsque j'écris, d'autres images m'apparaissent, je pars alors dans d'autres directions parfois complètement différentes. »

Je pourrais discuter des heures avec L. Ses réflexions résonnent souvent avec celles que je couche bien modestement dans mes petits carnets… Nous sommes d’accord toutes les deux : nous n’écrivons pas avec des mots mais avec des images. La fameuse phrase de Mallarmé à Degas, qui se plaint d'avoir des idées et pourtant de ne pas parvenir à écrire - ce à quoi Mallarmé lui répond qu'on n'écrit pas avec des idées mais avec des mots - est tout juste bonne à faire plancher les candidats au bac au début du mois de juin. C’est un bon mot, en aucun cas une vérité. Ou alors une « vérité-hapax », qui n’est valable que pour un seul : Mallarmé himself.

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15 janvier 2007

Un féminisme pour tous

Despentes

Le problème avec la Despentes, c’est que,  à l’instar des divas punk-rock, elle ne parvient pas toujours à contrôler ses éclats de voix. La vulgarité qu’elle met dans ses titres finit toujours par s’infiltrer dans les failles d’un texte passionné, doté d’intuitions fulgurantes comme d’arguments spécieux. « Sois sage, ô ma colère, et tiens toi plus tranquille » semble-t-elle se dire … Précaution envoyée balader à la fin d’un texte qui s’emballe et ne décolère plus, où l’agression verbale devient un modus scribendi. Qu’importe ! Les manifestes dignes de ce nom contiennent tous leur dose de mauvaise foi, leurs allégations à l’emporte-pièce (du type : « que les mâles français ne soient pas partis à la guerre depuis les années 60 (…) augmente certainement les viols "civils " » ! ) La théorie que propose Despentes n’est pas un ensemble de connaissances ou de notions abstraites mais la résultante d’un empirisme à jeter son bonnet par-dessus les moulins, éprouvé dans la chair avant d’être conçu par l’esprit : le viol, le porno, la prostitution… Degré zéro de la théorie au sens scientifique du terme, mais bel et bien un « ensemble d’opinions systématisées », intermédiaire entre la connaissance et l’ignorance, selon  Platon… Intermédiaire qui, sans tenir du juste milieu – jamais avec Despentes qui ignore que l’on peut critiquer un fonctionnement sociétal sans pour autant verser dans l’excès - est fondamental, dans la France du XXI e siècle, où les « gender studies » sont presque ignorés, à l’exception de la traduction, bien tardive, du livre de Judith Butler, Trouble dans le genre

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Place forte

Certains grands hommes, auxquels la patrie est éternellement reconnaissante, termineront peut-être un jour leurs enfances glorieuses au Panthéon, après les avoir débutées au lycée Henri IV, et poursuivies à l’ Ecole Normale Supérieure ou à la Sorbonne. Malraux s’est passé des deux premières étapes, lui qui a fait l’école buissonnière. D’autres, sans y avoir mis les pieds ni couché leurs cendres, se sont faits une place entre ces trois temples de la science - en herbe ou six pieds sous terre. Emmanuel Lévinas est de ceux-là. Là où se rejoignent la rue de L’Estrapade, la rue Thouin et la rue de Blanville, une plaque a été apposée le 20 décembre dernier au nom du philosophe lituanien, nationalisé français en 1931. Il faut dire que dès la fin de l’année 2004, l’ACCEL (Association pour la Célébration du Centenaire d’Emmanuel Lévinas) avait exprimé le souhait que le nom du philosophe soit affecté à une place ou à une rue de la capitale, en l’honneur du centenaire de sa naissance (le 12 janvier 1906, mais le 30 décembre 1905 selon le calendrier en vigueur dans l'Empire Russe). C’est désormais chose faite, décidée à l’unanimité par le Conseil de Paris. « Chers amis, je souhaite que cette cérémonie qui nous rassemble aujourd’hui soit pour chacune et chacun plus qu’un hommage à Emmanuel Levinas, une véritable invitation à l’immense œuvre qu’il nous laisse » concluait Lyne Cohen-Solal, adjointe au Maire de Paris, dans un discours vibrant à la mémoire du philosophe… « Invitation qui sera demandée à l’entrée », comme le précisait toutefois le carton  d’invitation !

08 janvier 2007

Figures de l'écrivain

Mastroianni_sur_mer

Enrique Vila-Matas, dans Mastroianni-sur-mer, attribue sa vocation d’écrivain à un film d’Antonioni, qu’il aurait vu à 17 ans, La Notte. Si l’emploi du conditionnel est souvent de mise avec Vila-Matas, qui embrouille bien volontiers les fils de la fiction à ceux de la réalité (à se demander parfois si c’est de l’art ou du cochon), il n’empêche que l’écrivain incarné par le beau Marcello fascine le jeune homme qu’il est, deux ans seulement avant qu’il ne devienne le pensionnaire de Marguerite Duras à Paris : les cols de chemise de Giovanni Pontano, l’écrivain à succès, sont impeccablement repassés, il possède une voiture, sa femme, jouée par Jeanne Moreau, est d’une beauté intelligente. En deux mots, « c’est quelqu’un ». Vila-Matas s’arrête à l’aisance du personnage, pour découvrir à l’âge adulte que l’écrivain est aussi celui qui ECRIT : partant, il appartient à la « famille des taupes qui vivent dans des galeries souterraines, travaillant jour et nuit ». (E. Vila-Matas, Mastroianni-sur-Mer, Editions du passage Nord/Ouest, p.41)

Cette vie de taupe, Henri Calet, à qui la Quinzaine littéraire rend hommage, ne l’a pas connue seulement parce qu’il a écrit trois romans en cinq ans. Mais aussi parce que, du temps où il s’occupait de chiffres plutôt que de mots – il était aide-comptable à la société de l’électro-Câble – l’idée romanesque lui vint de s’enfuir avec le tiroir-caisse, 230 000francs en tout, soit dix ans de salaire... qui au lieu de faire sa fortune manquèrent de peu de le précipiter dans le malheur. Londres, Montevideo - où il devient Henri Calet après avoir changé le passeport qui portait son nom de baptême, Raymond Théodore Barthelmess -, puis Berlin et enfin Paris, où Calet échoue dans une petite chambre derrière les Buttes-Chaumont, dessinent le parcours de l'écrivain en cavale. Là, il ne se soustrait pas seulement à la justice française, mais joue aussi à cache-cache avec la mort…

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01 janvier 2007

2007, enfin...

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Aller de l'avant au mépris des interdits et des chemins de traverse...

mars 2008

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