Une des nouvelles d’Anna Gavalda s’ouvre sur une passante qui n’a de baudelairien que la référence là pour prouver que l’auteur connaît ses classiques (« Petites pratiques germanopratines », Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part). Elle traverse imprudemment le boulevard Saint-Germain, prête à risquer sa vie pour « la vitrine de chez Paul Ka ». Christine Angot, quant à elle, ne jure dans ses romans que par Dries Van Noten ou Comme des garçons (on n’attrape pas les bobos avec du vinaigre)… Bret Easton Ellis fait de certains de ses romans les bréviaires du parfait fashion-victime, pour mieux dénoncer la dictature des marques (American Psycho, Glamorama). Les Choses de Perec tourne en dérision les petits bonheurs consuméristes des Trente Glorieuses. L’année de sa sortie, en 1956, le Prince Rainier épousait Grace Kelly, les usines Renault fabriquaient la Dauphine et Christian Dior donnait, dans son autobiographie, sa vision de la mode : "Mon faible, vous l'avez deviné, est une vocation d'architecte qui me fascine depuis l'enfance [...] une robe telle que je la conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin". Mais qui mieux que Zola a dépeint ce qui faisait le bonheur de ces dames ?
"À la soie, la foule était aussi venue. On s'écrasait surtout devant l'étalage intérieur, dressé par Hutin, et où Mouret avait donné les touches du maître. C'était, au fond du hall, autour d'une des colonnettes de fonte qui soutenaient le vitrage, comme un ruissellement d'étoffe, une nappe bouillonnée tombant de haut et s'élargissant jusqu'au parquet. Des satins clairs et des soies tendres jaillissaient d'abord : les satins à la reine, les satins renaissance, aux tons nacrés d'eau de source ; les soies légères aux transparences de cristal, vert Nil, ciel indien, rose de mai, bleu Danube. Puis, venaient des tissus plus forts, les satins merveilleux, les soies duchesse, teintes chaudes, roulant à flots grossis. Et, en bas, ainsi que dans une vasque, dormaient les étoffes, lourdes, les armures façonnées, les damas, les brocarts, les soies perlées et lamées, au milieu d'un lit profond de velours, tous les velours, noirs, blancs, de couleur, frappés à fond de soie ou de satin, creusant avec leurs taches mouvantes un lac immobile où semblaient danser des reflets de ciel et de paysage. Des femmes, pâles de désirs, se penchaient comme pour se voir. Toutes, en face de cette cataracte lâchée, restaient debout, avec la peur sourde d'être prises dans le débordement d'un pareil luxe et avec l'irrésistible envie de s'y jeter et de s'y perdre. "








Bonjour à tous !
Moi je voulais vous faire part d’un coup de cœur littéraire. Je ne savais pas trop où le placer sur le blog, mais le principal est de vouloir le partager ! Alors voici, c'est Le secret de l’automate de Robert Lohr. Ce livre retrace l’histoire d’une des plus grandes arnaques du 18e siècle : Un homme se promenait avec un automate appelé le Turc Mécanique, qui gagnait toutes les parties d’échecs qu’il lui faisait jouer. Arnaque car dans l’automate, un nain était caché…
Ce livre est sorti récemment, chez Laffont. Et un joli site avec des vidéos a été crée pour percer le secret de cette histoire : www.lesecretdelautomate.fr
Voilà, c’était mon coup de cœur !
Rédigé par: Séverine | 19 janvier 2007 à 18:48
Merci Séverine de partager avec les lecteurs du Coq vos engouements de lectrice. C'est toutefois dommage que vous donniez dans votre message la clé de l'énigme !
Rédigé par: Eli Flory | 19 janvier 2007 à 18:55
"Le joueur d'échec de Maetzel" est aussi une nouvelle d'Edgar Poe qui parle de l'automate.
Rédigé par: Frontere | 21 janvier 2007 à 10:10
Pour ceux qui aiment la littérature et qui aiment la partager, il existe un nouveau forum depuis 2 jours que j’apprécie pour l’instant, donc je fais passer le message…un forum devient ce qu’en font ses membres.
http://parfumdelivres.niceboard.com/index.htm
Rédigé par: lepoetemasque | 02 février 2007 à 13:13