Les éditeurs tissent leur Toile...
« La Toile est donc en passe d'opérer une petite révolution éditoriale. D'un côté, elle devient au même titre que l'affichage, la radio et la presse, un véritable média pour la promotion des livres. De l'autre, elle provoque de vrais échanges entre auteurs et lecteurs » conclue Hubert Beuve-Méry après avoir fait le tour de la blogosphère française et sondé quelques éditeurs. En tête, Héloïse d’Ormesson, « la petite maison d’édition qui a tout d’une grande », presque précurseur de la promotion internautique. Les éditions Movie planet, spécialisées dans les thrillers et les romans d’aventure tiennent salon sur la Toile depuis 2005… Du coup, les « grandes » se disent qu’il serait peut-être temps pour elles de s’y mettre et planchent sur le sujet.
Aux Etats-Unis, ces stratégies promotionnelles sont utilisées depuis belle lurette. Qu’on se souvienne du pari de Jason Kaufman, l’heureux « publisher » de la maison Doubleday - auréolée du succès d’un certain Da Vinci code - qui avait misé sur la trilogie naissante d’un taulard au patronyme cabalistique, John Twelve Hawks. Contacté par un agent littéraire indépendant, Kaufman avait acheté les droits mondiaux des trois volumes pour la modique somme d’un million de dollars. Une semaine plus tard, à la foire de Londres, les enchères montaient, les droits étaient cédés dans 18 pays, Steven Spielberg achetait les droits cinématographiques pour Universal… Il ne restait plus qu’à convaincre l’auteur de se vendre, lui qui refusait de faire la promo du premier tome, The Traveler. Après l’échec du DVD distribué à 3000 journalistes, contenant des extraits du livre déclamés par l’auteur doté d’une voix caverneuse à la Dark Vador, Doubeleday lançait un site internet dédié au roman. Du coup, l’éditeur Jean-Claude Lattès, qui a publié le roman début 2007, s’est mis à la page. Pour l’heure, le « Voyageur » est toujours en chemin, pas encore arrivé au sommet des charts littéraires. Qu’il garde espoir, le roman de Dan Brown était resté longtemps dans les limbes du classement avant de connaître le succès planétaire que l’on sait.
Si tous les chemins mènent au buzz, (et tant mieux si Internet, accusé de tous les maux, peut servir la cause du livre), souhaitons toutefois que les blogueurs que nous sommes sachions préserver notre liberté de jugement. Là est notre richesse, et peut-être notre crédibilité, deux vertus essentielles qui manquent quelquefois à certains critiques de la presse écrite.
À lire, en complément, le billet d’Hubert Guillaud. C’est ici
Rédigé par: Eli Flory | le 11 mai 2007 à 17:36