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09 mai 2007

Commentaires

Feuilly

La vitalité des blogues littéraires, leur diversité, répond sans doute à un besoin de la part des lecteurs. Outre le fait qu’ils deviennent eux-même acteurs dans le domaine de la critique, même si c’est en amateurs, la blogosphère leur permet de dialoguer avec des personnes qui ont les mêmes centres d’intérêts qu’eux (personnes qu’ils ne rencontrent pas forcément dans leur vie quotidienne réelle). Lassés par la critique officielle dont ils se méfient (collusion entre les critiques et les éditeurs, renvois d’ascenseurs, etc.) ils trouvent chez d’autres lecteurs des sources d’information appréciables. Le revers de la médaille, c’est que n’importe qui peut dire n’importe quoi et que le meilleur peut côtoyer le pire. Il n’y a plus alors de hiérarchie des valeurs, ce qui est encore accentué par le fait que des personnalités autrefois inabordables (auteurs, critiques, professeurs d’université, etc.) sont maintenant à portée de clavier.

Eli Flory

Bonjour Jean-François

Oui, effectivement, tout se raconte sur le Net, parfois au mépris de l'exactitude et de la rigueur intellectuelles. Je cherchais l'autre jour des informations sur Mireille Havet : je suis tombée sur trois dates de naissance différentes ! Cette méprise n'est pas grave, me direz-vous... C'est juste, mais elle atteste ce que vous pointez du doigt. Toutefois, les blogueurs n'ont pas le monopole de l'approximation, de la contre-vérité, ou du délire interprétatif. Les journalistes aussi se plantent. Sur le Net, l'espace réservé aux "commentaires" est là pour discuter les billets postés. La presse en ligne est venue d'ailleurs à ce nouvel espace de discussion, participatif et interactif. Ce qui me paraît le plus significatif dans cette démocratie instaurée par l'univers des blogs (votre orthographe du mot, francisée, me va aussi, même si je ne m'y résous pas encore), c'est la diffraction de la parole d'autorité, que tous nous pouvons posséder pourvu que nous soyions de bons communicants. Mercure l'a emporté sur Jupiter !

Périgot

Je ne suis pas sûr que ce soit un "revers de médaille" que n’importe qui puisse dire n’importe quoi et que le meilleur puisse côtoyer le pire. C'est la vie. La vie avec nos proches, nos voisins, nos collègues, qui disent parfois n'importe quoi... L'élément nouveau, c'est que le pouvoir de dire s'est développé de manière considérable avec Internet. A nous de nous méfier, de vérifier, de trier, de comparer, de contester quand il le faut, en un mot: de penser par nous-mêmes. Et ça, c'est plutôt une contrainte positive! Fini le pré-mâché! Jusqu'à ce que des "pré-mâcheurs" d'un nouveau genre se profilent, d'ailleurs. L'article du Monde sur la blogosphère, évoqué dans votre précédent papier, fait état de la démarche d'Albin Michel auprès de 35 "blogueurs influenceurs" pour le lancement d'un bouquin. Ainsi va la vie... L'édition elle-même va exploser et partir dans toutes les directions, avec l'impression à la demande. Mais là encore, on ne peut que s'en réjouir. On aura au moins l'assurance que de grands textes ne moisissent pas dans les tiroirs. On les dénichera avec l'aide de nos "influenceurs" préférés.

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