Terres de femmes http://terresdefemmes.blogs.com/ Date de création du blog : décembre 2004 Identité des blogueurs : Angèle Paoli / Yves Thomas / Guidu Antonietti di Cinarca « Genre » du blog : revue littéraire et artistique… et cap-corsaire Fréquentation du blog (lecteurs, pages vues) : Plus ou moins 2000 visites quotidiennes d'après XiTi, et 3 à 4 500 pages vues/jour. Périodicité des posts, heures de travail : 1 à 2 posts/jour. 3 à 4 heures de travail/jour X 3. |
De quels désirs votre blog est-il né ?
A l’origine, mon blog est né du désir de créer un espace personnel dans lequel écrire, inscrire mes propres réflexions, donner sens à mes goûts littéraires et artistiques. Un espace où viendraient s’articuler mes prises de notes et qui me permettrait de faire le point et de me rassembler.
Pourquoi avez-vous baptisé votre blog Terres de femmes ?
J’ai voulu en premier lieu donner la parole, par mes textes, aux femmes du passé, réduites au silence de mères en filles. Silences des mots et des actes. Je voulais rétablir mes aïeules à leur juste place, leur restituer ce qui leur avait été confisqué. Car c’est du « taire » de ces femmes-là que je suis issue.
Par la suite, mon projet a évolué et s’est élargi au-delà de ma propre histoire. Ces terres de femmes, ce sont des terres toutes inscrites en moi mais aussi « hors de moi ». Des terres au féminin : Méditerranée, insularité, Corse. C’est du cœur de ce monde méditerranéen-là que continue de se forger jour après jour ma sensibilité. Et ce d’autant plus que j’ai décidé de vivre au quotidien sur mon île, la Corse !
Terres de femmes évolue donc avec moi, à mon rythme, en fonction de mes préoccupations et de ma vie. C’est un univers complexe et foisonnant, en constante évolution.
Votre blog se compose d’une éphéméride culturelle, d’un agenda, de notes de lecture, d’extraits d’œuvres littéraires, d’écrits personnels… Quels liens faites-vous entre ces diverses notices ?
Éphéméride et agenda sont pour moi deux volets d’un même diptyque : passé (mémoire) et présent. Je ne suis pas de celles pour qui la mémoire n’a pas de sens. Cette mémoire conditionne mon présent et mon regard. Mettre en regard, en perspective le présent avec le passé, ancrer ce passé dans le présent relèvent d’un souci constant. D’où l’intitulé exact de l’éphéméride : « Éphéméride culturelle à rebours ».
Quant aux extraits littéraires et aux notes de lecture, ils renvoient le plus souvent à mes lectures du moment. Tous les extraits mis en ligne proviennent de ma « librairie ». Ils s’inscrivent dans mon présent.
Les écrits personnels mis en ligne sont ceux que j’ai accumulés au cours des années passées. Mais il y a beaucoup de textes d’aujourd’hui, liés à ma vie actuelle, à ma respiration présente.
La musique, l’art et la poésie occupent également une place privilégiée dans Terres de femmes. L’extrait musical du jour, la poésie d’un jour, la photo du jour jouent un rôle majeur dans la rythmique, le tempo en quelque sorte, la « petite musique » de la page du jour.
Vous faites la part belle également aux photographies… Quelle place occupent-elles dans ce blog très écrit ?
La ligne de conduite de Terres de Femmes est depuis l’origine (décembre 2004) la suivante. Il n’est aucun texte écrit qui ne soit accompagné de sa photo ou de son illustration. Mais les photos de Guidu, mon photographe, ne sont pas seulement des illustrations. Elles ont leur tonalité propre et entrent en résonance avec le texte, sans jamais être redondantes avec lui. Guidu les exécute, les compose ou les choisit en fonction de sa sensibilité au texte. Une sensibilité immédiate, à chaud.
Quelle importance accordez-vous aux liens hypertextes, très nombreux pour chacun de vos posts ?
Les liens hypertextes (internes et externes) sont essentiels. Mais pas seulement les liens hypertextes. Il y a aussi les encadrés de corrélats (« voir aussi »). Tous répondent à un cahier des charges éditorial, mis en place avec mon éditeur-webmestre et conjoint (qui a une longue expérience des bases de données éditoriales, puisqu’il a notamment dirigé l’édition des Encyclopédies Bordas et d’Encarta France de Microsoft). Ils permettent tous une circulation en réseau. Un réseau qui se complexifie à mesure que le temps passe. Ce qui donne un ensemble très élaboré, mais aussi très cohérent. L’important pour moi, c’est la pertinence. Un texte ne prend sa vraie dimension que s’il est mis en relation et confronté avec d’autres éléments : textes, musique, images… C’est aussi une question d’harmoniques et ma façon à moi de tisser ma toile. De construire une cartographie toujours mouvante, é-mouvante de mes terres.
Contrairement à de nombreux blogs, vous avez créé une arborescence très sophistiquée qui permet un archivage maximal des posts anciens… Pourquoi cette volonté, en plus du travail qu’une telle entreprise nécessite ?
Pas seulement une arborescence. Egalement une indexation raisonnée. La plupart des blogs sont figés sur les posts mis en ligne au jour le jour. Les posts sont par la suite introuvables. Une indexation et un archivage normés permettent de revenir aisément en arrière, de retrouver ce qui, par nature, échappe au temps et à la mémoire. À la linéarité chronologique des carnets, nous avons substitué la circularité des documents. Archiver pour mieux retrouver, pour mieux réanimer ce qui a été écrit. Cela me permet aussi de revenir sur ce que j’ai pu écrire à tel moment de ma vie et de le comparer avec ce que j’écris aujourd’hui. En définitive, cela me permet de mieux me comprendre. D’autant plus que mon webmestre entreprend régulièrement sur mes textes des relevés d’occurrence, qui ont permis de mettre sur pied un index de mes topiques. Une complexité contrebalancée donc par un plus de transparence.
Votre blog vous a-t-il ouvert des portes, tant sur le plan professionnel que sur le plan amical ? Avez-vous fait des rencontres marquantes ?
Mon « blog » m’a ouvert des portes, en effet. Peu sur le plan professionnel. Le blog n’a pas encore très bonne presse, vous le savez. Hors les marginaux de l’édition, les professionnels de l’édition résistent. Nous en avons fait l’expérience de nombreuses fois. En revanche, tant en Italie qu’au Japon ou aux Etats-Unis, nombreux sont ceux qui m’ont félicitée pour le professionnalisme de notre travail et la maîtrise éditoriale des outils informatiques.
En France comme à l’étranger, des enseignants me remercient régulièrement pour la qualité des textes proposés et certains m’ont demandé l’autorisation d’utiliser Terres de femmes comme outil de travail pour leurs élèves. Mais il y a aussi les lecteurs assidus (4 à 500 environ tous les jours sur les 2 000 visites quotidiennes) qui sont sensibles à ma manière de faire ainsi vivre la littérature.
Sur le plan humain et amical, le « bénéfice » est considérable. Terres de femmes est très apprécié à l’étranger, notamment en Italie, mon autre terre de prédilection. Plusieurs de mes poèmes ont d’ailleurs été traduits en italien et mis en ligne.
Ici, sur l’île, j’ai fait des rencontres marquantes. Elles m’ont permis de constater l’existence d’un terreau très vivace, constitué d’écrivains, de poètes, de petits éditeurs, très actifs et souvent très silencieux. Marie Ferranti, par exemple ou encore Nadine Manzagol, Jacques Fusina, Jean-Pierre Santini ou Jean-François Agostini, Jean Pandolfi-Crozier, Xavier Dandoy de Casabianca, Vanina Leoni-Bernard, pour ne citer que quelques-uns d’entre eux.
À l’extérieur, j’ai établi des liens étroits avec le traducteur Philippe Di Meo. Ensemble nous travaillons sur la traduction de poètes italiens actuels. C’est une expérience absolument passionnante.
Mes plus belles rencontres ont été et sont toujours celles de Guidu Antonietti, photographe attitré de Terres de femmes, de Laurence Mauguin, éditrice à Paris. D’Anne Slacik pour les livres d’art. Et pour la poésie, Florence Trocmé, éditrice de Poezibao et Sylvie Fabre G., poète. Toutes ces personnes sont devenues de vrai(e) ami(e)s.
Comment envisagez-vous l’avenir de Terres de femmes ?
Je ne me pose pas vraiment la question. Je ne tire pas de plan sur la comète. Je vis au jour le jour en étant à l’écoute quotidienne de ce qui se passe. Je cueille le bonheur de l’instant présent, puisque je n’ai aucune obligation de résultat. Je ne suis liée à aucun compte d’exploitation.
Quel regard portez-vous sur la blogosphère littéraire ?
Je la trouve très dynamique et enthousiaste en Italie. Moins communicative en France, où chacun cultive dans son coin son pré carré. Mais il est vrai que l’animation d’un blog laisse peu de temps libre.
Pouvez-vous citer trois blogs que vous lisez très régulièrement et que vous appréciez ?
En Italie :
En France :
(Propos recueillis par courrier électronique, le 11 mai 2007)







Angèle n'a pas eu l'occasion de préciser que Terres de femmes bénéficie dans son entier d'une préparation de copie et d'une normalisation typographique et bibliographique, souvent plus élaborées que celles pratiquées dans certaines maisons d'édition, qui n'ont plus les moyens ni la chance de disposer d'un vrai service de correction, comme c'était le cas autrefois (aujourd'hui on "externalise les coûts").
Toute l'information est par ailleurs vérifiée de manière méthodique. Et pas nécessairement dans les ouvrages dits de référence, dont j'ai appris par expérience à me méfier. Combien de fois, durant les trente années de ma carrière d'éditeur, j'ai pu constater que ce sont les "petites mains" anonymes qui corrigeaient les bourdes des auteurs ou des "journalistes dits professionnels" (qui se contentaient trop souvent de "pomper" leurs sources de ci de là). Petites mains qui ont permis parfois d'éviter aux maisons d'édition qui m'employaient des procès fort onéreux.
Rédigé par: Yves | 11 mai 2007 à 19:31
Lu les portraits d'éditrices dans le magazine des livres (paru cette semaine ?). Article très intéressant. Merci.
Rédigé par: Francois | 25 mai 2007 à 16:28
ce blog prend la poussière.dommage.
Rédigé par: addict | 26 septembre 2007 à 01:09