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La blogliothèque du Coq à l'âne

Littératures en ligne

09 mai 2007

Qui a peur de la blogosphère littéraire ?

À l’heure où tous les médias s’attachent à décrypter les recettes et les stratégies d’une élection gagnée, la chaîne de télévision Arte s’intéressait hier soir au rôle joué par la blogosphère dans la vie politique française. On retrouvait parmi les intervenants « les vieux de la veille » (Versac, Nico Voisin, Carlo Revelli), flanqués des parvenus de l’univers bloguesque, comme Karl Zéro et John Paul Lepers, placardisés par les médias « officiels » pour leurs mauvais services rendus à l’Etat. Ainsi ont-ils trouvé refuge dans cet univers ouvert à tous, hier encore confidentiel et boudé par ceux-là mêmes qui aujourd’hui frappent à sa porte ou s’inquiètent, à mots couverts, de l’ampleur prise par le phénomène. Le monde des Lettres n’est pas en reste de cette nouvelle Terreur qui menace les têtes de la critique littéraire institutionnelle.

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22 avril 2007

Elfriede Jelinek pixélisée

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Dans son sillage, un parfum de scandale. Jörg Haider, le leader de l'extrême droite autrichienne, a ouvertement reconnu son oeuvre comme "vile" et "immorale". À la veille des élections législatives en Autriche, en 1995, on pouvait lire ces affiches sur les murs des quartiers ouvriers viennois, signées par les libéraux : « AIMEZ-VOUS : Scholten, Jelinek, Haupl, Peymann, Pasterk... OU : l’art et la culture ? » Les histoires que raconte Elfriede Jelinek la dissidente la rangent aux côtés d’écrivains comme Peter Handke et Thomas Bernhard. Avec des auteurs de cette trempe, la Mère Patrie en prend un coup. En 1996, Jörg Haider, qui mise sur l’anti-intellectualisme des habitants des quartiers populaires, la classe parmi les « Nestbeschmutzer », ceux qui salissent leur propre nid.


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20 avril 2007

"Quand j'entends le mot "culture", je sors mon revolver"

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Paul-François Paoli, dans la dernière livraison du Figaro littéraire, est le héraut du SOS lancé par des femmes et des hommes de lettres aux candidats à la présidentielle : il faut sauver la littérature à la télévision, menacée de disparition. Le magazine des Livres, qui avait fait de cette question le sujet de l’un de ses dossiers (« La télévision fait-elle lire ? », Janvier-Février 2007), dressait le constat suivant : « Année après année, la part réservée aux livres dans la presse écrite se réduit comme une peau de chagrin ; à la télévision en revanche le livre est partout. Les émissions culturelles, les magazines d’information ou de divertissement possèdent toutes leur rubrique littéraire. Du matin au soir, en semaine comme le week-end, la télévision parle de " livres ", sans qu’elle ne traite pour autant de littérature. Le sensationnel est plébiscité aux dépens de la littérarité de son objet. » P.F Paoli, qui relaie les doléances des écrivains, au nombre desquels on compte Pierre Assouline, Edmonde Charles-Roux, Jean Malaurie, Alain Rey, Jean Rouaud ou Martin Winckler, souligne leur souhait que « soient installés " aux heures de grande écoute, des portraits d'écrivains, des entretiens, voire des émissions de plateau véritablement dédiés à la littérature " où des écrivains pourraient parler de leurs livres, sans sensationnel ni scandale. » À quand des émissions littéraires à la hauteur de ce que furent « Un siècle d'écrivains »,  « Apostrophes », « Océaniques ?

« Seront-ils écoutés » ? s’interroge Paoli… À voir !


« Le Salon du livre a eu nettement moins de succès auprès des " politiques " que celui de l’agriculture. » notait Christine Ferrand avec un brin d’ironie, au moment où la grand-messe annuelle du livre fermait ses portes. (Livres Hebdo, 30 mars 2007) Seuls  François Bayrou et José Bové avaient fait le déplacement jusqu’à la porte de Versailles. La semaine précédente déjà, l’hebdomadaire des professionnels du livre regrettait que, sur les dix demandes adressées aux candidats, afin de mieux connaître leurs positions sur la politique du livre à mener, six d’entre eux seulement aient fini par répondre, après des « demandes répétées ». Ainsi, malgré un consensus heureux autour des problèmes rencontrées par la librairie, tous sous-estimaient, d’après Christine Ferrand, le « combat à mener pour redonner au livre toute sa place dans notre société » : « Certains misent sur l’école, d’autres sur les bibliothèques. L’imagination n’est pas vraiment au pouvoir. » À cette apparente indifférence, Anne Favier trouvait une explication : « Si le livre n’apparaît jamais comme un thème de campagne, peut-être est-ce aussi parce qu’il n’est pas un sujet de débats contradictoires. » (Livres Hebdo, 23 mars 2007)


Que disent alors les professions de foi de nos douze candidats, parvenues avant-hier dans la boîte aux lettres des Français et Françaises ?


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17 janvier 2007

La littérature à la page : aux passantes de soie rose vêtues...

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Une des nouvelles d’Anna Gavalda s’ouvre sur une passante qui n’a de baudelairien que la référence là pour prouver que l’auteur connaît ses classiques (« Petites pratiques germanopratines », Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part). Elle traverse imprudemment le boulevard Saint-Germain, prête à risquer sa vie pour « la vitrine de chez Paul Ka ». Christine Angot, quant à elle, ne jure dans ses romans que par Dries Van Noten ou Comme des garçons (on n’attrape pas les bobos avec du vinaigre)… Bret Easton Ellis fait de certains de ses romans les bréviaires du parfait fashion-victime, pour mieux dénoncer la dictature des marques (American Psycho, Glamorama). Les Choses de Perec tourne en dérision les petits bonheurs consuméristes des Trente Glorieuses. L’année de sa sortie, en 1956, le Prince Rainier épousait Grace Kelly, les usines Renault fabriquaient la Dauphine et Christian Dior donnait, dans son autobiographie, sa vision de la mode : "Mon faible, vous l'avez deviné, est une vocation d'architecte qui me fascine depuis l'enfance [...] une robe telle que je la conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin". Mais qui mieux que Zola a dépeint ce qui faisait le bonheur de ces dames ?

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09 octobre 2006

Anna au pays des Soviets

À l’occasion de l’ouverture du Salon du Livre en mars 2005, dédié à la littérature russe, j’avais consacré une revue de presse au « contrôle de la parole » qui sévissait au pays des Soviets. Anna Politkovskaia, dont on connaît la vision de la Russie selon Poutine, avait été déclarée par le gouvernement russe persona non grata à Paris…

Poutine peut dormir sur ses deux oreilles : il a fait faire le nécessaire pour que la méchante Anna ne l’embête plus !

Pour en savoir plus, c’est ici

10 avril 2006

Au placard !

En février 2004, à l’occasion de l’ouverture du festival d’Angoulême dédié à la bande-dessinée, le magazine Têtu s’interrogeait : « La bande dessinée, toujours au placard ? ». Gregor Markowitz et Charles Roncier partaient du constat suivant : "Engoncée depuis les années 50 dans une frileuse culture d’autocensure, la bande dessinée continue aujourd’hui d’ignorer largement les homos, malgré quelques pionniers, comme Ralf König, en Allemagne, ou Fabrice Neaud, en France. Mais quand donc Batman et Robin vont-ils faire leur coming-out ?"

Il en va  tout autrement au pays du Soleil levant : Les « yuri » sont des mangas qui mettent en scène des lesbiennes tandis que les « yaoi » sont réservés aux gays. Et personne n’y trouvent à redire, bien que ce type d’ouvrages soit en premier lieu destiné à un public adolescent ! L’amusant, dans l’histoire, c’est que lorsque ces même « yaoi » sont importés en France et adaptés, leur version est quelque peu expurgée. Un seul exemple : le couple d’homosexuels  présents dans le mythique Sailor Moon deviennent des frères dans la version française ! Ainsi, Anne et Marine Rambach déplorent-elles dans La culture gaie et lesbienne qu’« au pays du droit d’auteur, du droit moral, on censure et on dévoie les œuvres pour en effacer les traces d’homosexualité. »

Le fait n’est pas nouveau : il est observable déjà à la Renaissance, quand les traducteurs français découvrent la poésie de Sappho.

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06 avril 2006

Plume-sismographe

« L’art n’est pas la vie, un film de fiction n’est pas un mélange, plus ou moins réussi, de tranches d’existence réelles. (…)  Le tribunal de grande instance de Paris a débouté, lundi 3 avril, l’actrice Marianne Denicourt des 200 000 euros de dommages-intérêts qu’elle réclamait pour l’atteinte à sa vie privée » : l’article de Clarisse Fabre paru dans le Monde daté du 5 avril est suivi d’une réflexion sur les liens entretenus par la « liberté de création » et « le respect de la vie privée ». Le débat n’est pas nouveau. À l’époque où la querelle judiciaire Denicourt / Desplechin avait été connue, Anne Crignon, du nouvel Observateur avait déjà traité le sujet. À cette occasion, j’avais écrit un post, « Lire dans l’autre comme dans un livre »…

« Combien de personnages sont nés du cercle intime d'un auteur ? », s’interroge Clarisse Fabre. La tension entre liberté de création et respect de la vie privée est au coeur de nombreux procès. Et Clarisse Fabre de rappeler, avec humour, les sueurs froides qu’Hervé Guibert donnait à ses éditeurs :  « Hervé Guibert prenait un malin plaisir à épingler d'illustres contemporains dans ses ouvrages (L'Incognito, Gallimard, 1989), très reconnaissables malgré les changements de noms. Son éditeur n'a pourtant recensé aucun procès. "On allumait des cierges quand ses livres sortaient", ironise-t-on chez Gallimard. »

J’aime l’idée que la plume de l’écrivain puisse être un sismographe qui enregistre les secousses de l’âme et du cœur, quitte à créer des tremblements de terre dans  l’entourage. Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs, quand on écrit avec ses tripes.  Coucher sur le papier ceux que nous port(i)ons en nous est une fatalité… Vie et littérature sont désespérément liées.

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16 février 2006

Les bonheurs de Sophie

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« À l'heure où nous imprimons, nous ne disposons d'aucune étude génétique fiable, mais les faits sont là : si les chats ne font pas des chiens, en revanche les écrivains font des chanteurs» ( Pour lire la brève du Nouvel Obs, c’est ici)

La très jolie Sophie Auster, fille de son écrivain de père, fait l’unanimité depuis qu’elle s’est produite  au New Morning, le 10 janvier dernier, devant un parterre germanopratin acquis à sa cause et finalement… conquis. L’Humanité l’encense, le forum d’Actes Sud, maison d’édition du papa, déborde de messages louangeurs. Le magazine Lire signale la sortie de « son premier disque inspiré de grands poètes français. » Pour l’avoir écoutée, la version du poème d’Apollinaire, Sous le pont Mirabeau, est de toute beauté.

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30 janvier 2006

La littérature à l'heure des bilans chiffrés...

En janvier 2004 sur le site de l'Express, François Busnel, encore rédacteur en chef adjoint du service culturel, dégageait dans une interview filmée de cinq minutes les quatre tendances à l'oeuvre en 2003 dans le monde de l’édition. Parmi celles-ci, le "doc- choc", souvent posthume : les bouquins de Vincent Imbert ou de l'adjudant Pierre Chanal, "bouquins fabriqués" dans l'urgence, souvent écrits par des "nègres", avaient été des succès de librairies. Selon Busnel, les maisons d'édition se servent des recettes faciles rapportées par ce type de livres pour financer des projets plus ambitieux et plus intéressants. Tendance durable ou feu de paille ? Pour Catherine Andreucci, qui s’intéresse cette semaine dans Livres Hebdo aux meilleures ventes de l’année 2005, « malgré une année riche en événements, les essais et documents n’ont pas enrayé la baisse constatée en 2004. Au contraire, les ventes de 2005 sont encore plus ternes. » Fait notable, pour la journaliste, « les essais littéraires sont en train de regagner du terrain. »

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26 janvier 2006

Le mur du çon

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Dans la livraison du mois de février, Tania Tervonen, du magazine Têtu, s’entretient avec Edwige Antier, qui avait, il y a quelques mois, pris fermement position contre la présence d’un livre pour enfants, Jean a deux mamans, au sein des bibliothèques jeunesse…

Je gage que certains extraits de l’interview donneront lieu à nouveau à des discussions sans fin, à raison… Cette phrase par exemple, plus que douteuse, que Tania Tervonen laisse (presque) passer, au lieu de chercher à savoir ce que son interlocutrice a cherché à dire :

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mars 2008

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