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La blogliothèque du Coq à l'âne

Littératures en ligne

08 décembre 2005

La solitude du coureur de fond

Comment Michel Abescat et Christine Ferniot, d’ordinaire si perspicaces, ont-ils pu écrire un article d’une telle myopie, dans la dernière livraison de Télérama ?

Passons sur la prétendue « sagesse » de Jean-Marie Ozanne, gérant de la librairie Folies d'encre, à Montreuil, qui ose dire que « la rentrée littéraire, c'est comme le beaujolais nouveau. » Quelle audace en effet d’utiliser une image aussi éculée depuis le Petit déjeuner chez Tyrannie d’Eric Naulleau : "La rentrée littéraire est ainsi définitivement passée en 2002 du registre bon enfant à celui d'une pesante farce à répétition, seulement comparable au beaujolais nouveau quant au mercantilisme et à la médiocrité du produit. Inflation des titres (661 romans et 572 essais pour la dernière cuvée, qui avait un goût de banane paraît-il), cuculte du premier roman..."

Mais que dire du traitement réservé à ce « pauvre Houellebecq » comme l’appellent nos deux compères de Télérama ? « A partir du 18 août, les papiers pleuvent, insistant sur le « phénomène », le « mystère » ou le « scandale » Houellebecq. Lancé comme un livre « people » ou comme un document de choc, le roman se vend de la même manière : très fortement les trois premières semaines, avant de s'essouffler définitivement. » Houellebecq est un coureur de fond, comme tout écrivain digne de ce nom. Juste pour information, Houellebecq tient la corde dans tous les « classements livres » ! Si le magazine Lire, pour les raisons que l’on devine, l’exclut de son classement des vingt meilleurs livres de l’année, Le Point le cite en neuvième position. Dans le dernier classement des meilleures ventes de romans, établis par Livres Hebdo, Houellebecq se place encore dans les dix meilleures ventes de romans, et ce depuis treize semaines, ce qui n’est plus le cas de Philippe Claudel, de Paul Auster, d’Amélie Nothomb, dont la sortie des livres était contemporaine à celle de la Possibilité d’une île. Voici des livres pour lesquels les ventes s’essoufflent. Ne parlons pas d’Alexandre Jardin, un temps premier du classement Livres Hebdo, en chute libre ! Quant au classement établi par la librairie en ligne Amazon, revu et corrigé heure par heure, le roman de Houellebecq est la cinquième meilleure vente de roman. Idem sur le site de la FNAC !

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24 octobre 2005

Copier-coller

Lu sous la plume d’Olivier Costemalle, journaliste à Libération :

« Hervé Gaymard, ancien ministre de l'Economie, démissionnaire pour cause de logement trop somptueux, a failli devenir la semaine dernière chroniqueur littéraire au Figaro. C'est Angelo Rinaldi, responsable du Figaro littéraire, qui lui avait promis une chronique bimensuelle. Le hic, c'est que Nicolas Beytout, directeur de la rédaction, n'était pas au courant. Et qu'en plus il n'était pas d'accord. Il a donc demandé fermement à Rinaldi de renoncer à son nouveau chroniqueur. Reste une question : qui a soufflé à Rinaldi l'idée d'embaucher Gaymard ? Serge Dassault, propriétaire du Figaro, comme le dit la rumeur ? Beytout dément. Autre explication possible : Gaymard dit beaucoup de bien de Rinaldi dans un ouvrage récent, la Route des Chapieux, où il lui fait une place aux côtés de Baudelaire et Rimbaud, pas moins (page 158). Il s'agirait donc d'un cas classique de renvoi d'ascenseur... »

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17 octobre 2005

Commedia senza arte

Assouline, dans son dernier post, évoque « le morceau de Camille Laurens », paru « dans la dernière livraison de La Revue littéraire », aux éditions Léo Scheer : « La vengeance est un plat qui se mange congelé. Camille Laurens a attendu un peu plus de trois ans pour river son clou à Pierre Jourde. Avec quelques autres, il lui avait taillé un costard pour quelques hivers littéraires dans son pamphlet assassin La littérature sans estomac. Ni coups, ni insultes, ni procès, ni droit de réponse. Camille Laurens a préféré retourner son arme contre lui : la dérision.Selon le vieux principe de l'arroseur arrosé, elle a appliqué à Festins secrets, le dernier roman de Pierre Jourde, la propre méthode critique mise au point et en pratique par celui-ci pour tuer les livres des autres. »

Je ne saurais dire pourquoi, mais ce post m’a rappelé une critique de Josyane Savigneau, parue à la fin de l’année 2003. Dans la rubrique « Aparté » du Monde des livres, J.S s’en prend avec l’aménité d’une amibe au dernier roman de Pierre Jourde : « Après quatre tentatives peu remarquées - à côté d'essais universitaires - il récidive, à 48 ans, avec un roman au titre séduisant, Pays perdu (…) Une littérature pour thérapie familiale, en quelque sorte, écrite par un homme estimant que la création contemporaine est « sans estomac ». Qu'il se rassure, la sienne, elle, pèse sur l'estomac. »

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10 octobre 2005

Gagner son Villepin

C’est le portrait que l’écrivain Daniel Rondeau a consacré à Dominique de Villepin, dans le Monde daté du 4 octobre, qui a mis le feu aux poudres. Face aux nombreuses lettres et courriels de protestation reçus à la rédaction du quotidien, Robert Solé a démenti, dans la chronique du médiateur, un « penchant » du Monde pour notre premier ministre. Thibault Gajdos, un lecteur du journal, s’interroge : « Quel est, d'ailleurs, le statut de ce texte ? Ce n'est ni de l'information ni une oeuvre littéraire. Encore moins une analyse d'expert. Non. C'est une faute de goût. C'est une compromission. En publiant un tel article, vous avez franchi les bornes. Et, comme le disait mon ami le Sapeur, quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limite." A cette objection, Solé rappelle que « la collaboration d'écrivains aux journaux est une tradition nationale » : « Dès son origine ­ - et c'est l'une de ses particularités ­-, la presse française a été intimement associée à la littérature. Des récits de voyage, portant les signatures de Chateaubriand, Gautier, Barrès ou Loti ont précédé les fameux reportages de Joseph Kessel, pour ne citer que lui. » Ainsi, « ces dernières années, Le Monde a ouvert ses colonnes à plusieurs romanciers et intellectuels, partis aux quatre coins de la planète. »

Sans mettre en doute la bonne foi de Solé, ce n’est pas la première fois que le Monde est pris en flagrant délit de sympathie pour Villepin.

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05 octobre 2005

On ne prête qu'aux riches...

On le sait, l’obtention d’un prix littéraire est une manne pour l’auteur primé et son éditeur. Il y a des accroches plus accrocheuses que d’autres, et le bandeau rouge qui ceint le livre élu en est une… Jean qui rit et Jean qui pleure, çà et là des esprits vigilants dénoncent les collusions qui motivent le choix des jurés, remisant toutes ces récompenses là où elles doivent se trouver : en deçà du champ de la littérature, dans la sphère du relationnel.

Pendant ce temps, des hommes et des femmes travaillent dans l’ombre, qu’ils soient petits éditeurs, écrivains en quête de reconnaissance, libraires indépendants… Pour celui ou celle qui n’est pas encore reconnu comme un « grantécrivain », le CNL ou les CRL peuvent apporter un soutien financier aux auteurs, afin qu’ils puissent se consacrer à leur œuvre, libérés quelque peu de soucis matériels.

Ainsi, la bourse Cioran : financée par le legs de Madame Simone Boué, compagne de Cioran, elle est attribuée, une fois par an, à un écrivain pour lui permettre de mener à bien un projet d'écriture d'un essai. Son montant est de 18 000 €. Parmi les conditions à remplir pour obtenir cette aide, on trouve celle-ci : « L'écrivain doit être d'expression française et avoir publié au moins un ouvrage et être auteur d'essais ou à défaut de textes d'importance suffisante dans les revues (réflexions de facture libre portant sur des sujets d'ordre philosophique, littéraire, politique).»

Le 29 juin dernier, le CNL a donc décerné cette bourse à un jeune écrivain, qui a « publié au moins un ouvrage », pour son projet d’essai Encore et jamais Son nom ? Camille Laurens…

Jetons un œil sur la fiche biographique de cet écrivain, publiée sur le site du CNL

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03 octobre 2005

Cover-girls

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On sait que la bobine d’un Houellebecq ou d’un Harry Potter en première de couv.  d’un canard - qui se veut pourtant garant d’une morale littéraire (Lire pour ne pas le nommer) - est vendeuse… Ce qu’on sait moins, c’est qu’il en va de même pour les livres. Ainsi, ce papier plein d’esprit, lu sur le blog de Marie, a attiré mon attention sur le succès de ce tableau de Malevitch auprès des éditeurs. Après avoir lu le post de Marie, quelqu’un pourrait-il me renseigner à ce sujet ? Qui décide des premières de couverture dans les maisons d’édition ? Quelles démarches s’ensuivent etc.

25 septembre 2005

Les lecteurs d'en haut et les lecteurs d'en bas...

J’ai souri en lisant le post de la Muselivre, titré « Copies certifiées conformes, c’était bien la peine de publier 680 bouquins » et daté du 20 septembre. J’ai compté à mon tour : pour les 105 candidatures offertes par les prix Médicis, Renaudot, Interallié, Goncourt, Fémina et Flore, seulement 63 noms d’écrivains différents : Christophe Donner et Régis Jauffret sont nommés pour quatre prix différents, Michel Houellebecq, Jean-Philippe Toussaint et Charif Madjalani pour trois…  A l’exception des Editions de Minuit, maison d’édition plus confidentielle, on retrouve le quarteron habituel : Grasset, Gallimard, Seuil et Fayard.

Où l’histoire devient amusante, c’est lorsqu’on s’aperçoit, à la lecture de l’enquête réalisée par Clarisse Normand (Livres Hebdo, 23/09/05) auprès de 200 librairies, que le choix des libraires diffère de celui des jurys : c’est Philippe Claudel qui emporte, qui n’est pour l’instant sélectionné nulle part. Christophe Donner n’est même pas dans la liste des 40 écrivains plébiscités. Houellebecq, Toussaint, Jauffrey, Madjalani, quant à eux, n’arrivent respectivement qu’en 12e, 13e, 16e et 40e positions.

Attendons la fin de la semaine pour voir si les sélections du prix Décembre et du prix de l’Académie française modifieront la donne…

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22 septembre 2005

La nouvelle collection de Bernard Wallet

Au début du mois d’avril dernier, j’étais allée écouter André Schiffrin à Beaubourg, qui s’entretenait du devenir de l’édition, en compagnie des éditeurs Bernard Wallet et Eric Hazan. Les témoignages de ces deux représentants de l’édition indépendante et militante furent particulièrement éclairants quant à la dérive éditoriale de certaines grandes maisons…A vrai dire, indépendant, Wallet ne l’était plus tout à fait. Sa maison d’édition Verticales était à l’époque rattachée au Seuil, tombée elle-même dans l’escarcelle de La Martinière. Plus pour longtemps… Lassé de ce qu’il considérait être une « technostructure », Wallet s’apprêtait à déménager chez Gallimard, la maison qui l’avait fait débuter. Lorsqu’il était représentant chez Gallimard, il gagnait trois fois le salaire qu’il gagne à présent en tant que passeur de textes. Mais pour lui « la liberté se conquiert à la condition de certains renoncements. Il faut savoir à quoi on renonce ».
En attendant, selon le Livres Hebdo daté du 26 juin, Bernard Wallet « lance le nouveau label éditorial éditions Phase Deux », « faute d’avoir pu reprendre sa marque, éditions Verticales ». Il reste l’éditeur de Régis Jauffret, passé chez Gallimard. Camille de Toledo, qui avait publié son premier roman chez Calmann-Lévy, inaugure la nouvelle collection, avec L’inversion de Hiéronymus Bosch.

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21 septembre 2005

Aidons Brice Petit et Jean-Michel Maulpoix

Un écrivain, Brice Petit, témoin de violences policières exercées sur un SDF (Sans Domicile Fixe mais aussi Sans DéFense), qui ne peut s’empêcher, seul au milieu d’une foule mutique, de manifester sa désapprobation… Un autre écrivain, Jean-Michel Maulpoix, conte les mésaventures qui s’ensuivent – Brice Petit placé en garde à vue, un geste citoyen devenant « outrages à  agents de police »… Au final, un procès pour diffamation, un homme brisé…

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29 août 2005

Littérature de rue

110_1096_1 A Barcelone, la littérature est dans la 110_1095_1rue. Dans le métro, à côté des distributeurs de boissons et de friandises, des distributeurs de livres de poche où l’on préfère des auteurs comme Saramago, prix Nobel de littérature en 1998, Vargas Llosa, Garcìa Lorca à Dan Brown. Le catalogue des livres mis à disposition, sous la tutelle de Punto de lectura, est ici

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mars 2008

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